Chapitre 12

Chapitre 12
Brouillard, j'ai la tête complètement dans le brouillard, j'ai une grosse caisse qui tambourine dans mon crâne, mes veines sont sous pression le long de mes tempes. Je tente d'ouvrir les yeux, trop de lumière, je les referme aussitôt. Je suis complètement désorientée.

... : Mademoiselle McBride ?!
... : Elyn, ouvre les yeux.
Moi : hum...

Je ne sais pas du tout ou je suis et encore moins ce que je fais là, j'ai la gorge sèche, la bouche pâteuse, j'ouvre la bouche et la referme comme un poisson qui manque d'air. Je sens qu'on me soulève légèrement la tête, qu'on entrouve mes lèvres, un liquide froid s'écoule dans ma gorge. Je tente une nouvelle fois d'ouvrir les yeux, l'assistance me regarde avec de grands yeux, je ne reconnais aucun des visages présents autour de moi.

... : Mademoiselle McBride, comment vous sentez-vous ?
Moi : je suis où ?
Infirmière n°1 : A l'hôpital Mademoiselle ?
Moi : à l'hôpital, pourquoi ?
Infirmière n°1 : vous avez été admise aux urgences, il y a maintenant 3 jours pour tentative de suicide, Mademoiselle.
Moi : j'ai mal à la tête, je ne me souviens pas.
Médecin : c'est normal, vous avez perdu beaucoup de sang, on vous a amené à temps, vous pouvez remercier votre sauveur.
Moi : mon sauveur ?!
Médecin : oui, il a dû s'absenter mais il repassera un peu plus tard dans la journée, pour le moment, nous allons vous examiner et réaliser plusieurs examen, d'accord ?!

Il ne me laisse pas le temps de répondre, qu'il me trimballe à travers les couloirs dans mon super lit à roulette. Finalement, je crois qu'il n'attendait pas de réponse à sa question. Par contre, il y en a des millions qui affluent dans ma tête, déjà qui se cache sous ce mystérieux sauveur, et je voudrais qu'on me raconte tout dans le détail ce qui s'est passé car j'ai plusieurs wagons de retard que j'aimerais bien rattrapé.
Je passe ma journée à être examinée sous tous les angles, ma merveilleuse journée au pays où tout est aseptisé se termine par une visite par la case psy qui me pose des milliers de question sur les raisons de mon geste, une chance que je ne sois plus chez mes parents, sinon ils auraient débarquer ici et s'expliquer avec mon père, c'est loin d'être une partie de plaisir.
Cela fait maintenant une heure que je suis de retour dans ma chambre, je lutte pour rester éveiller et découvrir le visage de mon sauveur, mais les bras de Morphée ont finalement raison de ma volonté et je sombre dans un sommeil peuplé de flash-back vieux de trois jours, je me repasse en boucle la soirée chez Nanou et ma folie suicidaire, sans jamais découvrir ne serait-ce un indice sur l'identité de mon sauveur.
3h00, je me réveille en sursaut, j'ai des sueurs froides, je ne sais même pas si Nanou est partie en Allemagne, est-elle au courant de ce que j'ai fait. Je m'assoies dans mon lit, je n'ai pas envie de passer davantage de temps ici entre ses quatre murs. Je regarde par la fenêtre, il fait nuit sur Paris, quelques passants courent sur les trottoirs humides espérant échappés à la pluie qui les glacent et imprègne leurs vêtements. Je me lève et me dirige vers la penderie où sont rangés mes vêtements nettoyés et pliés, c'est mieux que l'hôtel ici. Je les enfile et sort de ma chambre. Je croise une infirmière qui ne me reconnaît pas tout de suite mais qui après un temps d'hésitation part prévenir le médecin de ma sortie prématuré, je n'attends pas mon reste et me dirige d'un pas vif vers la sortie.

Médecin : Mademoiselle ... Mademoiselle McBride, un instant s'il vous plait.
Moi (je me retourne agacée) : oui ?!
Médecin : que comptez-vous faire ?
Moi : rentrer chez moi, prendre une bonne douche et surtout continuer ma vie en essayant d'effacer ce passage de ma mémoire.
Médecin : je ne suis pas sûr que ce soit judicieux de votre part de sortir maintenant, il vaudrait mieux que vous restiez encore quelques jours en observation.
Moi : vous m'avez fait passé un nombre certain d'examen toute la journée donc s'il y a quoique se soit, vous avez mes coordonnées donc appelez moi.

Je ne lui laisse pas le temps de me répondre, ce n'était pas une question, je passe enfin la porte de sortie de cet hôpital, prend un taxi et rentre chez moi. Je passe devant l'appartement de la gardienne qui est justement dans le hall, elle prend de mes nouvelles, m'expliquant que ma porte a été remplacé tout en m'exposant que la société et les jeunes sont à la dérive. Ok, j'en prend pour mon grade, je lui souhaite rapidement une bonne soirée et me retrouve devant mon appartement. J'ouvre prestement la porte que je referme tout aussi rapidement.
La lumière allumée me permet de vérifier que mon appartement a été nettoyé et rangé, le miroir de la salle de bain a été remplacé, aucune tâche de sang ne vient décorer mon parquet.
Je me fais couler un bain, plein de mousse, le temps que je me choisisse des vêtements chaud. Je me glisse dans l'eau bouillante, je me détends un peu, le bandage autour de mon bras devient humide, puis fait apparaître du rouge, je décide de l'enlever, il laisse apparaître mon entaille qui a été complètement recousue, la tête me tourne, j'aurais peut être dû rester encore une nuit là-bas. Je me savonnes et m'enroule dans une énorme serviette. Je me sèche et m'habille.
Dans la cuisine, je me prépare un chocolat chaud que je sirote bien installée dans mon canapé, emmitouflée dans mon plaid. Je zappe de chaîne en chaîne, dans l'espoir vain de trouver une chaîne captivante. Toujours en plein zapping quand on s'acharne sur ma porte d'entrée. Ouvrira ? Ouvrira pas ? Je prends le luxe de réfléchir encore quand la personne hurle maintenant dans tout le couloir. Je me lève nonchalante, déverrouille ma porte sans prendre la peine de l'ouvrir. Je retournes sur mon ami du moment : le canapé.

... : ou étais-tu, je me suis inquiété, quand je suis revenu à l'hôpital, le médecin m'a dit que tu étais partie ?
Moi : bah tu vois, tu m'as retrouvé, si je comprend bien c'est à toi que je dois dire un grand merci, d'être intervenu.
... : oui, si je n'étais pas venu, tu serais morte à l'heure qu'il est.
Moi : assis toi et raconte moi, s'il te plait.
... : j'ai appris par hasard que tu étais chez Nanou pour sa soirée d'adieu donc je suis passé dans l'espoir de te voir, mais je suis arrivé trop tard, tu imagines la surprise de Nanou quand elle m'a vu devant sa porte, bref, il se trouve que tu as oublié ton portable chez elle, elle m'a répété un millier de fois que ce n'était pas une bonne idée que je te le ramènes mais j'ai assez insisté pour qu'elle me donne ton adresse. Si tu veux savoir, elle n'est pas au courant de ta petite escapade à l'hôpital, et, oui, elle est très bien arrivé en Allemagne, (il fixe mon bras), eh bien dis donc tu ne t'es pas loupé, tu dois vraiment tenir à lui pour aller aussi loin, pour moi si je me rappelles bien, tu as porté plainte.
Moi : tu veux bien continuer s'il te plait.
... : Oui, quand je suis arrivé devant ta porte certain de tes voisins étaient dans le couloir, alertés par des cris et des objets brisés venant de ton appartement, finalement, un de tes voisins a enfoncé ta porte pour entrer et on a appelé les pompiers immédiatement.

Il finit son récit par un grand sourire, je suis déçue, finalement, quitte à être sauvé, j'aurais préféré avoir affaire à un inconnu et non à lui. Il profite de mon moment de flou pour se rapprocher de moi et m'enlacer. Je m'éloigne de lui.

Moi : écoute Romain, je ne te remercierai jamais assez d'être intervenu mais ça n'effacera jamais ce qu'il passait, ce que tu m'as fait subir. Maintenant, si tu veux bien, je suis fatiguée, j'aimerais me reposer, tu veux bien partir s'il te plait ?
Rom : ok, je repasserais demain
Moi : si tu veux.

Il part, je m'allonges dans mon lit, somnole. Au matin, je passe à la boulangerie, j'amène les croissants à mes collègues, je discute avec mon patron, je les salue et repasse à l'appartement avant de re-sortir. Plusieurs sonneries.

Moi : Nanou ?
Nanou : Oui
Moi : c'est moi.

# Posté le mardi 05 février 2008 17:15

Chapitre 13

Chapitre 13
Je prends le premier taxi que je trouve, il me conduit jusqu'à l'appartement. En bas de l'immeuble, je rentre le code, la porte se déverrouille, l'ascenseur me mène jusqu'au 4ème étage, arrivée devant la porte, j'hésite la main sur la poignée, perdue dans mes réflexions, je n'ai pas le temps de me reculer que la porte s'ouvre sur Nanou.

Nanou : bah tiens justement quand on parle du loup.
Moi (petit signe de la main) : coucou la miss.
Nanou : allez entre, ne reste pas dehors. Même pas une semaine que je suis partie que tu me rejoins déjà. Allez entre, ne t'inquiètes pas, il n'est pas là, ils sont en promo, il ne rentre que dans deux jours, vendredi soir, si tu veux tout savoir ils ne sont pas au courant de ta venue.
Moi : je serais partie avant leur retour, je ne comptais pas rester mais tu me manquais trop, j'avais envie de te voir.
Nanou : viens, pose ton sac dans la chambre, c'est la porte là-bas.

Je me dirige vers la chambre pousse la porte, ce n'est pas la chambre d'amis mais celle de Tom. Tee-shirts, baggies et bon nombre d'objets jonchent le sol. Je reste quelques instants dans l'encadrement de porte jusqu'à ce que Nanou me tienne la main et m'emmène dans la chambre d'amis, elle prend mon sac le dépose, et m'entraîne dans la cuisine toujours en serrant ma main dans la sienne. On n'échange aucuns mots, de toute manière aucun son ne sortirait de ma bouche, je ne sais pas ce qui m'a pris de venir, si, je le sais mais je ne veux pas encore me l'avouer. Nanou amène nos deux chocolats dans le salon, on s'assoie l'une en face de l'autre en tailleur comme lors de nos 15 ans et qu'on parlait des garçons, situation étrange cinq ans plus tard, on a bien changé.

Nanou : allez crache le morceau, je sais que tu m'aimes mais ça ne fait que 4 jours que je suis partie.
Moi (détachée) : au rien de spécial, mon patron m'a donné quelques jours de congé, je ne savais pas trop quoi en faire, et le gris de Paris me faisait un peu déprimer, alors je me suis dit que déprimer sous le gris de Berlin avec ma Nanou était une meilleure idée.
Nanou : bon, on va dire que je te crois, tu me raconteras quand tu en auras envie, d'ac !
Moi : ça roule !
Nanou : je n'ai pas encore eu le temps de faire du shopping, ça te tente ?
Moi (enjouée) : c'est partit !

Elle m'emmène dans les rues commerçantes de Berlin, me balade un peu partout, me raconte vite fait ses petits tête à tête avec Bill, la cohabitation avec Tom. On rentre dans une boutique, charge ses bras et les miens de fringues en tout genre, qu'on dépose dans une cabine, je m'assoie sur un pouf, le temps de son essayage, elle me fait un défilé à chaque tenue, je lève les pousses vers le haut ou vers le bas et parfois je me lève et j'applaudis, les vendeuses nous observent en priant qu'on débarrasse le plancher rapidement. Puis, vient mon tour d'essayer les vêtements méticuleusement choisit par Nanou. Je jette un rapide coup d'½il à sa sélection, la plupart des hauts sont à manche courtes ou ¾. J'en trouve un manche longue auquel je superpose un tee-shirt manche courte, j'ajoute un slim et des talons, je sors enfin tourne sur moi-même.

Nanou : c'est tout ! Essaye plutôt le dos nu avec la jupe.
Moi : c'est bon je prends cette tenue.
Nanou : non, essaye les autres, tu vas être toute mimi.
Moi : non, je veux changer de look, être un plus rock, d'ac ! (Grand sourire)

Je prie silencieusement pour qu'elle me croie encore. Elle fait la moue, puis me prend la tenue des mains tout en se dirigeant vers la caisse.

Nanou : allez, cadeau de bienvenue !
Moi : merci ma belle !

On fait encore plusieurs boutiques et rentrons à l'appart. On décide de sortir ce soir. Direction la salle de bain de la chambre d'amis pour moi et celle de Bill pour Nanou. Mon bras me fait souffrir le martyr, j'attrape vite fait la boîte d'antidouleur, je ne fais pas attention au nombre de pilules que j'avale, je prend ma douche en nettoyant bien ma plaie, sortie de la douche, je refais mon bandage pour qu'il soit le moins épais possible sous mon tee-shirt. Je me dépêches de me préparer et met les fringues que Nanou m'a acheté plus tôt dans l'après midi (eh oui sans les avoir lavées avant, dédicace à Réjane, O_o !! ).

Quand je sors une délicieuse odeur de pizza s'échappe de la cuisine, on fait les débiles avec Nanou sans le savoir, elle me fait des piqûres de bonheur, et pas du diluer, du 100 % / 100 %, du vrai. Elle me remonte le moral, elle tente à plusieurs reprises de me soutirer des infos, mais abandonne quand elle voit que je ne dirais rien.

On sort dans un pub « branché » de Berlin très contemporain, on rigole bien, Nanou se charge de rembarrer les gars, elle n'y va pas de main morte (nulle cette expression, passons !), un plus lourd que les autres insiste.

Nanou : écoute, je suis avec ma copine, on a pas besoin d'un pénis pour s'éclater, donc maintenant t'es gentil, tu vas voir ailleurs, allez bouge !
Mec : un plan à trois ne me dérange absolument pas !
Moi : t'as pas compris ce qu'on t'a dit, on a pas besoin d'un pénis.
Je me lèves et lui serre son entrejambe.
Moi : eh bien, dis moi, t'es un mec qui a une grande gueule pourtant t'as rien entre les jambes, tu l'ouvres, c'est pour compenser ?

Nanou éclate de rire, le mec se casse la tête baissée. On boit un peu trop, on raconte des conneries plus grandes que nous. Dans la rue, bras dessus, bras dessous, on rentre à l'appart' sans avoir oublié de casser les oreilles aux passants qui ont eu le malheur de nous croiser.

Nanou : dort bien ma belle, demain matin, je ne suis pas là, mais surtout tu fais comme chez toi, je rentre sur les coups de 15 h, qu'on passe l'après midi ensemble avant que tu ne partes.
Moi : bonne nuit à demain.

Je me couche, les draps sont frais, à peine posée la tête sur l'oreiller que je m'endors. Je ne sais pas si c'est ce qu'on appelle sommeil réparateur mais en tout cas j'ai super bien dormie. Je m'étire comme un chat, sors un pied après l'autre, les orteils en éventail. Je fais une descente dans les placards de la cuisine, pain, nutella, jus d'orange, que je dévore sur le canapé devant la télé. A midi, je vais prendre ma douche, désinfecte ma plaie, refais le bandage pas trop épais, m'habille tee-shirt, jean, converse. Je vais dans le salon tout en passant pour la énième fois devant la chambre de Tom. Je m'arrête devant, et cette fois-ci pousse la porte. Petit tour d'horizon, mes yeux se posent sur sa guitare, encore un bref moment d'hésitation et je me saisis de sa guitare, m'assoie sur le bord du lit et commence à jouer, simple Nirvana, surtout pour voir si mon bras tient le choc, il me fait un peu mal mais c'est supportable, je continue de jouer, enchaîne avec Tété, wonderwall, seven nations army, Tracy Chapman, creep, tryo, je joues la plupart des titres de mon répertoire. La porte d'entrée claque, je regardes mon portable 15h10, ç'est Nanou, je continue de jouer, la porte de la chambre s'ouvre.

Moi : t'as vu, j'ai fait des progrès.
... : qu'est ce que tu fais là ?

Je me retourne prestement pour tomber nez à nez avec Bill. Je me lèves, repose la guitare.
Moi : je pensais que c'était Nanou.
Bill : tu n'as pas répondu à ma question.
Moi : je ne reste pas, je prends le train à 18 h, Nanou m'a dit que vous ne rentriez que ce soir.
... : donc tu voulais nous esquiver, du moins, juste moi à priori ?
Moi : non, je suis venue comme ça, je ne savais pas pour la promo.
Tom : Bill sort, j'aimerais lui parler.
Moi : ce n'est pas nécessaire, j'allais partir, j'ai un train à prendre.

Je passe devant Lui, il m'attrape par le bras, je fais la grimace, pourvu qu'il ne sente pas le bandage. Bill en profite pour s'esquiver en emmenant Nanou arrivée et étonnée de la scène.
Il me tient toujours par le bras que je tente de dégager, il resserre son étreinte, j'ai l'impression de me faire broyer le bras dans un étau.

Moi (crispée) : s'il te plaît lâche moi ! Tu me fais mal.
Tom : je te lâcherais quand on aura finit de discuter, je n'ai pas envie que tu me fasses le même coup qu'à l'hôtel, pas deux fois je ne supporterais pas.
Moi (de plus en plus mal) : je te passe mon autre bras si tu veux mais rend mais lâche celui-ci.

Il me regarde étonné, sert davantage, voit que je blanchis à vu d'½il, il retourne mon bras et tente de relever ma manche, je tire vivement sur mon bras pour le dégager et titube sous le poids de la douleur.

Moi : ce n'est rien, ça fait juste un bout de temps que je n'avais pas jouer, alors j'ai les muscles un peu endoloris, rien de grave.
Tom : donne moi ton bras, je vais te faire un massage
Moi : NON ! Ce n'est pas la peine, regarde (exercice de gym devant lui) ça va déjà mieux

Tom : ok assis toi !
Moi : je suis bien debout
Tom : bon, tu m'expliques pourquoi tu es partie ?
Moi : je pensais que c'était clair pourtant !
Tom : n'inverse pas les rôles, c'est moi qui devrais être énervé
Moi : ça va tu as l'air de bien le vivre
Tom : pourquoi tu te braques ? Qu'est ce que tu as, tu es encore plus blanche que ton tee-shirt.

Je me sens de plus en plus mal, la douleur est plus forte, j'en ai les jambes qui flageolent si je ne sors pas au plus vite, je vais finir par m'évanouir.

Moi : si tu veux, on en parlera la prochaine fois que tu viendras en France, d'accord (je tente un sourire mais lui pas du tout ces yeux me jettent des éclairs), sur ce je vais y aller, j'ai un train.

J'ouvre la porte et me dirige vers la chambre d'ami. Tom me rattrape par le bras dans le couloir, me rapproche de lui, m'embrasse, je ne tiens plus, mes jambes le lâchent, il me retient, je laisse aller ma tête contre son torse.

# Posté le jeudi 07 février 2008 14:45

Chapitre 14

Chapitre 14
Je me réveille, je suis ou là, il fait sombre, j'ai un poids sur mon bras, je tente de le dégager, ce qui a pour effet de réveiller Tom.

Tom : ça y est la Belle au Bois dormant émerge !
Moi : désolé, j'étais un peu fatiguée.
Tom : si tu le dis, tu as faim ?
Moi (petite voix) : Muoui.
Tom : tu peux te lever.
Moi : bien sûr, je suis en pleine forme.

On se dirige vers la cuisine, il m'assoie à table pendant qu'il réchauffe de la pizza, il nous sert, s'assoie en face de moi. Ce n'est qu'au moment de porter le premier morceau à ma bouche, que je remarque avec horreur que je n'ai plus mon bandage et qu'on m'a changé de tee-shirt. Je n'ose pas le regarder, il sent mon malaise et prend la parole.

Tom : on a préféré te l'enlever, tu ne pourras pas dire que tu n'as rien maintenant il va falloir que tu nous expliques.
Moi : oh ça, c'est rien, tu sais comme je suis maladroite, j'étais dans la cuisine, le couteau à la main et puis j'ai glissé, un accident ça arrive vite maintenant.
Tom : elle est mignonne ton histoire mais tu mens.
Moi : je ne te force pas à me croire.

Il rigole doucement, il m'a manqué d'entendre son rire, il pose doucement sur la table mes antidouleur, l'ordonnance de l'hôpital et le numéro de portable de Romain.

Tom : préviens moi quand tu voudras commencer à tout me raconter, au fait tu as une limite de temps bien sur, après j'appelle Romain, je suis sûr qu'il a pleins de choses à me raconter, comme votre histoire, ou encore ce que tu as au bras, je pense qu'on va bien s'entendre tous les deux. Ah, j'oubliais tu peux faire ce que tu veux de son numéro, je l'ai déjà dans mon portable.

Il se casse comme ça me laissant seule avec mon bout de pizza, je n'en veux plus, j'ai envie de hurler, je rentre en claquant la porte de sa chambre.

Moi : mais pour qui tu te prends Tom Kaulitz ?
Tom : bah...euh... c'est une bonne question, donne moi un peu de temps que ....
Moi : arrêtes, tu crois quoi, parce que tu m'as fait ton petit numéro, je vais tout te déballer, rêve !

Je vais chercher mon sac dans la chambre, prend ma veste, il croyait quoi, qu'il pouvait me dicter mes faits et gestes, qu'il aille au diable, je repasse devant sa chambre, il me suit jusqu'à la porte d'entrée.

Tom : tu ne me laisses pas le choix, j'appelle Romain, il sera sûrement plus bavard que toi.
Moi : vas-y, appelle le, ne te gêne pas pour moi.
Tom : ah, ça sonne !
Moi : je ne sais même pas pourquoi je t'écoutes !
Tom : Romain, bonjour, je voulais te parler d'Elyn.
.......
Tom : oui, elle est là en Allemagne.
.....
Tom : quoi, l'hôpital, je ne comprend pas, parle moins vite.

A ces mots, je lui arrache le téléphone...

Moi : slt ! Je vais bien, à plus ! (Et je raccroche). Où est Nanou ?
Tom : elle est partie avec Bill, ils reviendront quand on aura finit de parler.
Moi (marmonne) : toute manière, il faudra bien que tu sortes un jour, pour votre promo.
Tom : je peux dire que je suis malade, et je te rappelle que Nanou a également le numéro de Romain. Si tu ne me parles pas, elle l'appellera.
Moi : tu vas faire quoi me séquestrer ici, je peux porter plainte.
Tom : pour ça, il faudrait que tu puisses sortir de cet appart', bon, c'est pas que je m'ennuie mais tu me fatigue, je suis dans ma chambre si tu veux parler. (big smile)

Je suis furieuse, j'ai envie de tout casser, je pends le premier truc qui me tombe sous la main, le projette au sol et il se brise en mille morceau, je vais dans la cuisine et jette un à un les verres au sol, je me calme un peu, ça me fait du bien, je me mets à éclater de rire, rire du ridicule de la situation : moi séquestrée par Tom alors que je le fuis comme la peste ! Eh bien, lui et moi, on aura des choses à raconter à nos petits enfants. Je continue de rire, je suis de plus en plus secouée de spasmes, cette fois-ci je tombe à genoux et éclate en pleurs pour la énième fois depuis trois semaines. Je sens deux bras m'entourer et me bercer, pourquoi je suis si bien quand je suis avec lui, pourquoi je le fuis après tout.

Moi : tu m'en veux ?
Tom : tu sais les verres ça se remplace, mais par contre pour la sculpture en verre de Bill, il va falloir que tu trouves une bonne explication, mais bon, c'est comme le reste quand tu auras décidé de nous parler.
Moi : ah ... ok.
Tom : tu voulais parler de la manière dont je me suis réveillé seul dans ma chambre d'hôtel.

Je me sens mal à l'aise, une grosse boule s'est formée dans ma gorge, ma salive a déserté ma bouche, je baisse encore plus la tête, oui c'est possible, il m'embrasse le front, c'est affolant comment un simple baiser, vous donne une bouffée de courage.

Moi : Je .... Je suis désolée pour ça, je ....
Tom : t'inquiètes, maintenant tu es là, mais j'aimerais savoir ou est passé la Elyn que j'ai rencontré, pleine de vie, de joie, la première à faire des conneries, douce, sensuelle, celle qui me fait vibrer, qu'est ce qui s'est passé en trois semaines, dis-moi, s'il te plait.
Moi : oh, tu sais la routine, j'ai fait une connerie, au début je ne pensais pas du tout que c'en était une, au contraire je croyais que c'était une bonne idée, la meilleure solution, puis de cette connerie, j'en ai fait d'autres, j'ai perdu pied. J'avais besoin de changer d'air, me voilà en Allemagne, je savais depuis le début que je ne devais pas venir, encore une connerie, finalement, elle n'est pas si grosse que ça cette connerie car je vais bientôt rentrer en France, en plus je n'ai pas tout perdu ça m'a permis de te revoir, voilà ce qui s'est passé en trois semaines.
Tom : là où tu vas faire une connerie, c'est de rentrer en France, et puis, tu es gentille mais maintenant je veux le détail de tes trois semaines, car pour la connerie à voir l'état de ton bras, je le savais déjà. Va te poser sur le canapé, le temps que je ramasse les bouts de verres, je ne voudrais pas que tu te coupes. Un médecin va passer d'ici un quart d'heure pour ton bras.
Moi : ce n'est pas nécessaire, j'ai déjà des médicaments.
Tom : d'accord, mais regarde de plus près ta plaie, tu as besoin de soin, elle est en sale état, tout comme toi d'ailleurs, tu n'aurais pas maigrit par hasard.

Je me retourne et m'assoie dans le canapé, zappes sur toutes les chaînes, allez les neurones, on réfléchit pour trouver une vieille excuse pour ce médecin de merde, c'est vrai qu'elle est un peu boursouflée, toute rouge, mais bon il n'y a pas mort d'homme, c'est normal, ça ne fait pas longtemps, je dois garder les files au moins pendant une quinzaine de jours.
On sonne, Tom fait entrer le médecin, je ne prends pas la peine de me lever pour le saluer, mauvaise volonté, il tend la main, je l'ignore complètement, Tom me pousse pour s'asseoir à côté de moi, le médecin lui se pose en face sur la table basse, tranquille, il s'assoie sur les tables chez lui.

Médecin : ouh, elle n'est pas très jolie cette plaie.
Moi : sûrement ! (Tom me pousse à nouveau)
Médecin : bon, on va déjà désinfecter, j'ai appelé l'hôpital grâce au numéro que votre ami m'a transmis (sourire en direction de Tom), je vous ai amené des vitamines avec la quantité de sang que vous avez perdu, vous ne devez pas être en grande forme. Mais votre ami est là, vous êtes entre de bonnes mains.

Je suis de plus en plus en stress, quelle info, il va encore lâcher, Tom a posé sa main sur mon épaule, tout fier d'être mon protecteur. Le médecin continue de m'examiner, fais un bandage, une fois terminé, il garde mon bras dans ses mains.

Médecin : vous savez si vous voulez parler de ce qui c'est passé (petit rire de Tom), je peux vous écouter.
Moi : ce qu'il s'est passé, je suis un peu maladroite et j'ai glissé avec mon couteau.
Médecin : oui bien sur, vous aviez un petit creux en plein milieu de la nuit.
Moi : une petite faim ça arrive.
Médecin : l'hôpital m'a prévenu de l'état dans lequel on vous a amené, vous avez eu beaucoup de chance, à quelques minutes, vous y seriez restée. Enfin, je repasserais dans deux jours, pour changer le bandage, éviter de le mouiller, et surtout de vous servir de votre bras. Si dans deux jours, votre état n'est pas stable, je vous prescrirais un suivi j'entends aussi bien médical que psychologique.
Moi : dans deux jours, je serais déjà rentrer en France.
Tom : non, elle sera toujours là.

Il le raccompagne, le salue, referme la porte et se retourne vers moi, pas content du tout le petit Tom. Il me passe devant s'enferme dans sa chambre, met la musique à fond. Ça va chauffer, il a vraiment l'air furieux. Je fais toujours le piqué en plein milieu du salon, le regard fixé sur sa porte. Je l'entends éteindre sa musique, de minutes après il sort camouflé, il me tend ma veste.

Tom : on sort !

Docilement, je mets ma veste et le suis dehors, je n'ai pas envie d'une confrontation, je referme les pans de ma veste autour de moi, ce n'est pas qu'il fait frisqué mais un peu quand même, Tom me rapproche de lui, on s'arrête devant un starbucks, moka pour lui, chocolat viennois pour moi. Hum, la crème fouettée, miam, miam ! On sa balade un peu dans les rues, puis au parc, on s'arrête sur un banc.

Moi : ça va mieux ?
Tom (rigole) : c'est plutôt à moi de te poser cette question !
Moi (hésitante) : tu peux la poser, si tu veux.
Tom : ça va mieux ?
Moi : oui, un peu.
Tom : mais tu ne veux toujours pas m'expliquer !
Moi : Non, je ne veux pas, je ne serais pas trop par où commencer.
Tom : par le début, c'est peut être une bonne idée.
Moi : .....
Tom : écoutes, je vais me lasser, je vais appeler Nanou ou Romain, et j'aurais enfin le mot de l'histoire, ce n'est pas ce que je veux, je veux que ça soit toi qui me le dise, je veux que tu me fasses confiance au point de tout me raconter, à moi !

Moi : je comprends.

Je finis mon chocolat, me lève, le jettes et lui temps la main.

Moi : on y va !

On passe par les rues commerçantes, s'arrête dans différents magasins : fringues, déco, bouffe. On fait le plein et rentrons. Je laves les nouveaux verres, pendant que Tom range les provisions et dépose les poches de fringues dans sa chambre.

Tom : je veux un essayage complet de tes tenues, hey pose cette éponge tu ne dois pas mouiller ton bandage.
Moi : t'inquiètes, je fais attention, je ne suis pas si maladroite que ça !
Tom : allez pousse toi.
Moi : ça vaudrait une photo, Scoop : Tom Kaulitz fait la vaisselle ! Je suis sure que ça se vendrait bien comme article.

Il m'envoie de la mousse dans la figure, je me rapproche et fais de même. Il continue sa vaisselle, je pose ma tête sur son dos et l'entoure de mes bras, je suis bien là. Résultat : il a quand même cassé deux verres. Je me suis fichue de lui ce qui m'a valu une course poursuite dans l'appartement. On s'allonge l'un à côté de l'autre sur son lit, lui sur le dos, les bras sous la tête, moi sur le ventre ma tête en appuie dans mes mains, balançant de temps en temps mes jambes.

Moi : ça fait du bien de rire !
Tom : qu'est ce qui t'empêche de rire.
Moi : certaines décisions que j'ai prise.
Tom : ah....
Moi : on va préparer de quoi manger, plateau repas, ça te tente ?
Tom : oui, mais ne te sert pas trop de ton bras quand même !
Moi : oui papa !

Spaghetti Bolo, ça va pas trop compliquée à faire même avec une moitié de bras en moins, mon bandage est désormais blanc à poids rouge, génial, Tom se fout de moi, histoire de changer, on s'installe avec nos plateaux devant la télé, on commence en silence, regardant un film d'horreur, super. Je prends la parole, comme ça, en racontant le début de mon histoire.

Moi : En fait, avec Romain, ça n'a duré que quelques mois, les pires, au début tout se passait très bien, gentil, prévenant, rigolo, puis, il a changé du jour au lendemain, Nanou m'a dit qu'il avait toujours été comme ça, je ne sais pas, je ne le voyais pas. Bref, il a commencé par vouloir de moins en moins voir mes amis, il était jaloux de mes fréquentations, va savoir, puis parfois il était violent dans ses gestes, j'en ai parlé avec Nanou qui m'a bien sûr dit de lâcher l'affaire de suite, mais bon, Romain s'était un ami d'enfance et je ne voulais pas tout perdre, alors je suis restée, mais c'était de pire en pire, et un jour il a débarqué chez moi, hors de lui, il disait que je me foutais de lui, j'ai pas trop compris ce qu'il disait ni d'ailleurs ce qu'il se passait, enfin, il m'a frappé plusieurs fois, m'a maintenue, et ... , après tout ça j'ai porté plainte contre lui, il a été condamné.

Tom : finalement, lui et moi, on ne sera pas potes, si j'avais su, je lui aurais mis mon point.
Moi (je rigole) : t'es mignon quand tu es fâché.
Tom : alors, tu penses toujours à moi.
Moi : tu ne m'as pas parlé d'un essayage obligatoire tout à l'heure.
Tom : tu ne crois pas changer de sujet là.
Moi : ben si, pourquoi ? (Toute innocente que je suis). Allez bouge, direction ta chambre.
Tom : ça c'est la Elyn que je connais, ça fait plaisir !
Moi : rêve, si on va dans ta chambre, c'est juste pour essayer les fringues
Tom : oui, je sais jamais le premier soir.
Moi : très bonne mémoire.

On rentre à tour de rôle dans la salle de bain, se changer et essayer nos tenues, l'essayage tourne vite en petit délire, je sors la première avec un de ses baggies, casquette, tee-shirt, lui, enfile une jupe et un dos nu, toujours sa casquette vissée sur la tête, et ses chaussettes, je ne résistes pas à le prendre en photo avec mon portable.

Moi : je la garde, le jour où tu te moques de moi, je sors le dossier à ton frère.
Tom : tu n'oseras pas.
Moi : tu veux parier, bon, faut ranger maintenant.
Tom : je le ferais demain, viens te coucher.
Moi : je vais aller dormir dans l'autre chambre.
Tom : dors avec moi s'il te plaît.
Moi : Non, désolé bonne nuit.

Dans ma chambre, je me prépares pour me coucher, ressors de la salle de bain, trouve Tom tranquillement installé dans le lit.

Tom : je te le réchauffe, je ne voudrais pas que tu tombes malade.

Je me couches à ses côtés, éteins la lumière, pose ma tête sur son torse.

Tom : tu ne dis rien !
Moi : j'ai assez parlé pour ce soir, dors bien Tom.
Tom : tu ne me demandes pas pourquoi, je suis venu ?
Moi : non, et je ne te demanderai pas de partir, bonne nuit Tom.

Il m'embrasse le front et je m'endors. J'appellerai mon patron lundi.

# Posté le samedi 09 février 2008 13:19

Chapitre 15

Chapitre 15
Une bonne odeur de chocolat chaud et de croissant me chatouille les narines, je m'étire comme un petit chat, ouvre un ½il puis le second, découvre Tom qui me regarde avec un grand sourire.

Tom : le déjeuner de Mademoiselle est servi !
Moi : Monsieur est seigneur !
Tom : allez à table, debout !
Moi : j'ai super bien dormi
Tom : moi aussi, sauf que j'ai eu une masse sur moi pendant une bonne partie de la nuit !
Moi : c'est toi qui l'a cherché
Tom : et je ne le regrette pas du tout. Programme de ce samedi : petit déjeuner suivi d'une petite visite guidée des alentours.
Moi : ça me va !

On déjeune, je dévore tout ce qui me passe sous la main, sauf Tom, il essaye pourtant mais je reste toujours aussi distante vis-à-vis de lui. On se lave, s'habille et on descend au parking, je grimpe dans sa voiture, on sort de l'immeuble, il s'arrête devant un traiteur et revient avec des sacs qu'il range immédiatement dans le coffre.

Moi : tu ne veux toujours pas me dire ou on va ?
Tom : non, c'est une surprise.

Il prend l'autoroute, je regarde le paysage défilé, on arrive dans la campagne allemande, on roule en silence, j'allume son poste qui diffuse une chanson de Samy Deluxe.

Moi : eh bien, tu es toujours fan dis moi.
Tom : fan, nan, j'adore c'est tout.
Moi : et sinon tu as quoi d'autres en stock dans ton poste.
Tom : essentiellement du rap allemand.
Moi : dis, je peux brancher mon MP4 directement dessus, s'il te plait, allez Tom, s'il te plait, je serais gentille, je ferais tout ce que tu veux, s'il te plait.
Tom : embrasse moi
Moi : quoi ?!
Tom : tu m'as dit que tu ferais tout ce que je veux, donc embrasse moi !
Moi : tu n'as retenu que ça
Tom : non, si tu peux brancher ton MP4, tu fais ce que je veux, donc tu peux le brancher mais tu dois m'embrasser.
Moi : mais tu conduis !
Tom : ce n'est pas gênant, tu me le feras quand on arrivera.

Je branche finalement ma musique, le poste diffuse maintenant du rock, mon rock, je me cale dans mon siège et m'endors bercée par la musique. Je sens une main sur mon épaule et une autre sur ma joue, je me réveille en sursaut et me cogne à la tête de Tom.

Tom : ce n'est pas le réveil que j'attendais mais comme premier contact j'ai vu pire. On est arrivée, tu peux descendre.

Je regarde tout autour de moi, on est en forêt, Waouh, c'est magnifique !

Tom : il y a une clairière un peu plus haut, on y allé parfois avec Bill, il faut marcher un peu mais ça va ce n'est pas trop loin.
Moi : c'est bon je suis le guide.

Il ne m'a pas menti, on a marché une vingtaine de minutes pour arriver dans une clairière où passe une petite rivière avec vue sur toute la forêt, un paysage de carte postale.

Moi : je me sens déjà super bien ici, tu venais quand tu étais petit.
Tom : oui, même encore maintenant avec Bill quand on a besoin de prendre l'air, de réfléchir.
Moi : dis moi, il y a quoi de bon dans tes sacs ?
Tom : avant tout, tu vas prendre cette jolie couverture et la tendre au sol.
Moi : ça va c'est dans mes cordes.

Je m'exécute, il y dispose les sacs d'où il sort notre déjeuner.

Moi : tu m'épates, tu fais ça vraiment bien, un pique nique, c'est une super bonne idée.
Tom : oui, je trouve aussi.
Moi : ça va les chevilles.
Tom : ça va, elles vont bien, maintenant que nous sommes installés, j'ai enfin le droit à mon bisou.
Moi : ton bisou ? Quel bisou ?
Tom : celui que tu me dois.
Moi : je ne vois pas du tout de quoi tu parles.
Tom : allez viens ici !
Moi : tu sais, il est encore trop tôt.
Tom : trop tôt, ça fait trois semaines qu'on ne sait pas vu, trois semaines que je n'ai eu aucun contact avec toi, et tu trouves que c'est trop tôt. Pour l'instant, tant que tu ne m'auras pas expliqué ce qui se passe dans ta tête, et bien moi, je continu notre histoire là ou on s'est arrêté donc maintenant mon bisou.

Résignée, je m'approche de lui. J'hésite, il le voit, prend le devant, me saisit par les épaules et scelle ses lèvres aux miennes. Son baiser est violent, puis il s'adoucit, devient tendre, je me laisse faire, entrouvre mes lèvres, nos langues se touchent, s'apprivoisent, commencent une danse enflammée. On se sépare à bout de souffle. Je sens que la journée va être riche en émotion.

# Posté le samedi 16 février 2008 18:21

Chapitre 16

Chapitre 16
On mange tranquillement, on discute de tout et de rien, une vraie conversation de sourds. Puis arrive le moment tant redouté où il me pose la question à laquelle je ne veux absolument pas répondre. En même temps, il y en a pleins de questions auxquelles je ne veux pas répondre comme pourquoi je suis partie de l'hôtel, ou qu'est ce j'ai au bras, ou pourquoi je me suis fait ça, et pour finir quelle mouche m'a piqué pour me faire atterrir en Allemagne ? Parmi toutes ces questions, il a choisit la plus évidente et surtout de laquelle découle toute cette merde.

Tom : Dis moi sous quelle forme, tu veux que je te demande pourquoi tu m'as laissé en plan à l'hôtel, sous quelle forme pour avoir une réponse, et pas une réponse histoire de te débarrasser de l'affaire, non la raison qui a germé dans ta tête ?

Moi : sous quelle forme ? J'ai un délai de réponse ?

Tom (me poussant gentiment) : soit sérieuse et dis moi !

Moi : tu sais après ma magnifique histoire avec Romain, il y a de quoi être un petit peu déboussolée, et puis tu es arrivé, tel un chevalier sur son fier destrier, désolé je plaisante mais c'est vrai que mis à part le fait que tu sois comme tout le monde, tu n'es pas n'importe qui Tom, passé les à priori sur ta réputation et j'en passe, il y a de quoi prendre peur, tu ne trouves pas ?

Tom : je trouve surtout que tu fais de très belles phrases mais que tu es entrain d'esquiver royalement ma question !

Moi : quand tu m'as demandé de venir avec toi, je t'ai répondu « oui » je le pensais réellement, je voulais vraiment venir avec toi, que se soit en Allemagne où ailleurs, apprendre à te connaître, essayer de construire quelque chose mais je n'ai pas réussie à chasser tous les doutes que j'avais par rapport à ta célébrité, que tu ne parles pas de moi en interview, je m'en fous mais tu as tellement d'occasion de rencontrer quelqu'un qui te correspondrait davantage, j'ai eu peur que tu regrettes, que tu te sois senti obligé de me demander parce que Bill et Nanou ....

Tom : je t'ai demandé parce que je ne voulais pas te laisser en France derrière moi, ce week-end, j'ai passé de très bons moments justement parce que tu te fichais complètement de ma célébrité parce que tu m'as parlé et mis sur un pied d'égalité, tu m'as fait me sentir normal.

Moi : tu te serais lassé.

Tom : parce que tu crois que je suis flatté de la réaction des gens. Ok ça fait partie du contrat mais tout ce que je demande c'est de pouvoir faire ma musique, c'est tout !

Moi : j'ai eu peur, c'est humain !

Tom : pourquoi tu ne m'en as pas parlé, on aurait pu discuter.

Moi : parce que tu m'aurais dit que j'avais tort de penser ça, et que je t'aurais cru.

Tom : ou est le mal ?

Moi : parce que j'aurais tout quitté pour te suivre !

Tom : bah tu vois ce n'est pas si dur à dire, pour toi, je n'étais qu'un week-end, c'est tout !

Moi : ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit. J'étais prête à te suivre mais j'ai tellement souffert à cause de Romain que maintenant j'ai un peu de mal à faire confiance, rien ne m'assurait qu'au bout d'une semaine, tu ne m'aurais pas laissé en plan.

Tom : c'est vrai même encore maintenant je ne peux pas te garantir que notre relation va durer mais c'est un risque à prendre, après c'est à toi de voir si tu veux vraiment de moi dans ta vie. Mais cette question, là je ne te la poserais pas, j'ai déjà la réponse puisque tu es partie de la chambre.

Moi : tu as raison, c'était la décision que j'avais prise que je ne voulais pas de toi dans ma vie, c'est également à cause de cette décision que je viens de passer les trois semaines les pires de ma vie.

Tom : je ne comprends pas.

Moi : c'est pourtant simple, je ne voulais pas prendre le risque de te suivre et de me tromper encore sur mes sentiments, sauf que cette fois-ci j'aurais dû les écouter mes sentiments, même sans garantie, je t'apprécie vraiment. Au début, je me suis convaincu que c'était la bonne décision, puis j'ai commencé mon nouveau job à Paris et avec le déménagement, ma nouvelle vie, j'en étais de moins en moins convaincue, je rentrais le soir chez moi, je pleurais jusqu'à ce que je m'endormes, avec Nanou je pensais que j'arriverais à surmonter cette étape, de toute manière, j'étais trop fière pour essayer quoique se soit pour te parler directement ou par ton frère ou encore Nanou.
Puis Nanou m'a prévenue qu'elle partait, ça aussi je le savais, je me suis à nouveau voilée la face en me disant que tout irait très bien, que je n'avais besoin de personne que j'étais assez grande pour m'occuper de moi-même.
Tom : et maintenant tu en es où ?

Moi : que compter sur quelqu'un, ne signifie pas forcément dépendre d'elle. Sauf de toi, tu peux me croire, j'ai essayé de t'oublier, sans succès, je restais souriante devant tout le monde, et une fois rentrée, je m'effondrais. J'ai touché le fond, et je suis venue voir Nanou, je ne sais pas trop pourquoi, mais j'en avais besoin avec l'espoir de te voir aussi.

Je me tais, ramène mes genoux vers ma poitrine pour les entourer de mes bras. Le silence se fait. Je n'ose pas le regarder, mes yeux se pose sur le ruisseau dont je contemple l'eau doucement s'écouler. Tom vient se positionner derrière moi, me rapproche de lui et m'encercle de ses bras.

Tom : ces trois semaines ont été dures pour moi aussi, je me suis senti trahi et c'est un sentiment que je n'aime pas du tout, parce que je me suis ouvert à toi et que tu m'as repoussé. Entre les promos et les répètes, j'ai bien essayé mais je n'ai pas du tout réussit à ne plus penser à toi, alors quand Nanou nous a appelé pour nous dire que tu venais en Allemagne pour deux jours, on a abrégé la promo pour rentrer plus tôt. Je voulais vraiment te voir, au début, je voulais te cracher tout ce que j'avais sur le c½ur mais quand je t'ai vu, je voulais te serrer dans mes bras et ne plus te laisser partir. J'aimerais savoir ce que tu comptes faire.

Moi : je ne sais pas du tout.
Tom : tu sais que ma proposition de venir avec moi en Allemagne, tient toujours. Je pense qu'avec les semaines que l'on vient de passer, on sait maintenant qu'être éloigné l'un de l'autre, n'est pas la meilleure solution. Avec le groupe, je ne peux pas me permettre d'être séparé d'eux, à toi de voir si tu veux rester ou rentrer en France et remonter la pente toute seule.
Moi : d'accord.
Tom : d'accord pour quoi ?
Moi : je suis d'accord pour rester en Allemagne, d'accord pour apprendre à te connaître, d'accord pour te faire confiance, d'accord pour suivre mes sentiments.
Tom : tu sais que si on avait eu cette discussion à l'hôtel, on aurait pu éviter tout ça et surtout éviter la belle balafre que tu as sur le bras.
Moi : je te l'ai dit j'ai glissé avec un couteaux à la main.
Tom (me chuchotant à l'oreille) : je n'y crois absolument pas, mais ne va pas croire que je te propose de rester par pitié parce qu'à l'inverse de toi, je n'ai pas peur de t'avouer mes sentiments, je tiens trop à toi, pour te laisser rentrer en sachant que tu vas te foutre en l'air, peu importe le temps que ça va prendre mais tu vas voir que tu prends la bonne décision et qu'on sera bien ensemble.

On range nos affaires et se dirigeons vers la voiture, en chemin les dernières phrases de Tom continuent de tourner en rond dans ma tête. Il me tend son téléphone pour que j'appelle Nanou.

Nanou : enfin, tu en as mis du temps à la convaincre, Tom !
Moi : en fait c'est Elyn, Nanou.
Nanou : tu vas bien ?
Moi : oui, très bien. Avec Tom (je le regarde, tente un sourire), on a pas mal discuté donc c'est bon vous pouvez rentrer à l'appart' avec Bill.
Nanou : vous avez décidé quoi ?
Moi : eh bien, on vous l'annoncera ce soir tous les deux, d'accord ?!
Nanou : ok, à tout à l'heure.

Je raccroche.

Tom : pourquoi tu ne lui as pas dit.
Moi (grand sourire) : pour qu'elle s'inquiète encore un peu !
Tom (rigolant) : perverse !
Moi : ce n'est pas vrai !

En rentrant, on range un peu beaucoup les dégâts surtout ceux faits à la sculpture de Bill, on se change et je prépare vite fait de quoi grignoter tout en discutant. Bill et Nanou rentrent, se posent, Nanou vient discuter un peu avec moi, pendant que Bill essaye d'en savoir un peu plus au près de Tom. On s'assoit tous les quatre autour de la table, Tom a côté de moi, on prend tous les deux un air grave. Bill et Nanou se regardent complètement largués. Tom et moi prenons ensemble la parole.

T&M : voilà, donc on a pas mal discuté, et on en est arrivé à la conclusion que ...bien vas-y dis leur ... non c'est à toi de leur dire...nan vas-y toi...
Nanou : bon vous nous le dites.
Moi : bien, en faite, je suis désolée mais malheureusement vous allez ..... avoir une colocataire en plus.
Nanou : Tom je t'adore, tu es trop fort !
Moi : eh moi, je pues peut être !
Nanou : mais non, toi, je t'aime, je suis heureuse que tu restes et que ça s'arrange pour vous deux.

Je regarde Tom avec pleins d'étoiles dans les yeux et je l'embrasse, il a l'air heureux, son frère aussi. La soirée passe, Nanou nous raconte des anecdotes sur son stage.

Nanou : au fait, tu vas faire comment pour ton boulot.
Moi : je ne sais pas trop je vais les appeler lundi, je vais voir comment on peut s'arranger. Dans tous les cas, il faut que je me trouve un boulot ici à Berlin.
Tom : pourquoi faire ?
Moi : parce que il faut bosser pour avoir de l'argent donc si je veux participer au frais de l'appart' et profiter un peu de la vie, il me faut un salaire.
Tom : je gagne assez d'argent pour deux, tu n'as pas besoin de bosser.
Moi : c'est gentil, mais j'ai besoin d'être indépendante, donc un boulot.
Tom : ok, comme tu veux, je demanderais à David de te trouver un truc.
Moi : merci, c'est gentil mais je veux vraiment me débrouiller seule, si jamais je ne trouve pas on demandera ensemble à David, ça te va ?
Tom : ok, ça marche. Dis si on déménageait tes fringues de la chambre d'ami vers ma chambre.
Moi : allez, c'est parti !
Ça ne nous a pas pris longtemps de faire le changement de chambre, un sac plus quelques poches, rien de bien méchant. Je mets ma veste, prend mon portefeuille et sors de la chambre.

Tom : tu fais quoi ?
Moi : je n'ai plus de clopes, je vais me chercher un paquet et en profiter pour fumer ma clope dehors.
Tom : je t'accompagne !
Moi : merci mon ange, mais je vais me débrouiller, je serais là dans max 10 minutes.
Tom : ok !

Je sors, respire l'air frais de dehors, je me dirige vers la gare, rentre dans le bar-tabac, achète mon paquet, puis m'assoit sur le banc devant la gare. Je fumes ma cigarette tranquillement, je prends mon temps, réfléchit à la journée, je l'écrase à peine fumée, rentre à nouveau dans la gare, me dirige vers le guichet, achète un ticket pour le prochain train en direction de Paris. Je ressors, m'assois à nouveau sur le banc, j'ai vingt minutes d'attente, je sors une cigarette de mon paquet, la fais tourner entre mes doigts, la tasse même si ce n'est pas nécessaire et l'allume. Mes yeux sont rivés sur l'horloge de la gare, les minutes passent doucement, trop lentement à mon goût. Je sors mon billet, vérifie l'heure.

... : tu comptes partir, sans dire au revoir.
Moi : je ne sais pas.
... : je peux te faire changer d'avis ?
Moi : je ne sais pas.
... : ton train est dans combien de temps ?
Moi : dix minutes maintenant.
... : alors on se dit au revoir maintenant.
Moi : je ne sais pas.
... : si tu ne sais pas pourquoi es tu là avec un billet de train dans la main ?
Moi : j'avais besoin de réfléchir et au cas où j'arrivais à une conclusion, j'avais la solution de prendre le train.
... : comment je dois le prendre.
Moi : Tom, je tiens à toi, c'est d'ailleurs en tenant trop à toi que je me suis entaillée les veines. C'est la première fois que je ressens ça, quand je pensais t'avoir définitivement perdu, j'ai régis plus qu'exagérément. Alors je ne sais pas, si je dois prendre un peu de recul face à toi pour essayer de me retrouver et pouvoir envisager un avenir. Ou est ce que je dois te faire confiance, faire abstraction des trois dernières semaines et vivre le moment présent et adviendra ce qu'il devra arriver.
Tom : je suis désolé, mais tu es la seule à pouvoir répondre, je ne peux pas le faire pour toi.
Moi : je vais aller sur le quai le train part dans 5 minutes maintenant.
Tom : je peux t'accompagner jusqu'au train.
Moi : avec plaisir.

On se dirige vers le quai, dans un silence, chacun réfléchissant à la situation, le train est à quai, je me dirige vers le wagon, embrasse Tom et m'assois à ma place. Je regarde par la fenêtre, il me fait un petit signe de la main et tourne les talons. Je le regarde se diriger vers la sortie. Le contrôleur annonce le départ imminent du train, je pose ma tête contre le dossier, ferme les yeux.
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# Posté le mardi 19 février 2008 15:46