- Elyn ! ELYN ! MADEMOISELLE MCBRIDE !
- Oui
- Je peux savoir pourquoi vous êtes descendue du bus ?
- Ben est descendu, alors je l'ai suivi.
- Je ne me rappelle pas vous avoir demandée de descendre !
- C'est vrai, je ne me rappelle pas non plus, de toute manière dans la liste d'appel, je suis juste après lui donc on va dire que j'ai pris un peu d'avance.
Prof : Benjamin, prenez votre valise et suivez votre correspondant s'il vous plaît. Quant à vous, Melle McBride, venez ici que je vous présente à votre correspondant.
Moi : pourquoi, Elle, elle a le droit de descendre alors qu'on ne l'a pas appelé.
Prof : Mandy, venez mon petit, parce qu'Elyn vous êtes dans la même famille, voici vos correspondants, allez chercher vos affaires et suivez les.
Je regarde vite fait nos correspondants, casquette, bonnet, lunettes de soleil, écharpe, à part vous dire qu'ils font minimum 1m80, je ne serais trop vous décrire à quoi il ressemble, je vais chercher ma valise, suivie de près par Mandy. Quelle galère, j'aurai préféré me retrouver dans la même famille que Ben, au moins on n'aurait pas été séparé. Enfin j'extrais ma valise du ventre du car et me dirige à nouveau vers nos correspondants, ils nous demandent de les suivre jusqu'à la voiture.
Moi : Non, attendez, j'ai oublié un truc dans le bus.
Je les laisse en plan avec ma valise, je vois Mandy croiser les bras et souffler, j'entraperçois Ben avec son corres, si je me dépêche j'aurais le temps de lui dire au revoir. Je monte comme une flèche dans le bus, sans manquer de faire hurler au passage ma prof. Je retourne à ma place, récupère ma guitare et redescend rejoindre tout ce petit monde, ma guitare sur l'épaule. A peine arrivée à leur hauteur que je vois Ben se diriger vers une voiture, prêt à partir. Je me mets à hurler.
Moi : BEN ! BEN ! Tu as oublié mon bisou.
Bah quoi les gens, oui nous les français, nous sommes des personnes très expressives, nous avons besoin de crier en plein milieu d'un parking et de faire des grands gestes !
Ben se dirige vers moi, je me jette dans ses bras, lui colle un énorme bisou sur la joue, lui m'embrasse le front et me caresse doucement la joue. On se sépare, lui retourne vers son corres, je me retourne, un grand sourire aux lèvres, je récupère ma valise, les regardes, attendant une réaction de leur part. A la voiture, nos bagages atterrissent dans le coffre, avec Mandy, nous montons derrière et les deux garçons montent devant, dont l'un derrière le volant.
Que je vous explique, je m'appelle Elyn McBride, ça, je pense que vous l'aurais compris, j'ai 18 ans en terminale S, et surtout en voyage scolaire en Allemagne pour trois semaines.
Elle, Mandy, c'est une longue histoire, ou plutôt courte, aussi courte que ses fringues, loin d'être bête mais a tendance à oublier que l'on peut plaire à un garçon autrement qu'en montrant son cul. Enfin, trois semaines sous le même toit qu'elle, risquent d'être fort intéressante.
La voiture se stoppe devant une maison, belle bâtisse, style plutôt coloniale.
On descend de la voiture bagages en main, on rentre, accueillis par leur parent, un couple, la quarantaine, l'air plutôt sympathique, à part la drôle de tête en voyant la tenue de Mandy, on discute un peu avec eux, les garçons n'ont toujours pas enlevés ni écharpes, ni lunettes. Ils ont vraiment une attitude bizarre ses allemands. On va à l'étage pour choisir nos chambres. En haut de l'escalier, ils nous expliquent qu'à droite, l'étage est occupé par leur parent : chambre, bureau et salle de bains.
On va donc à gauche ou le couloir dessert 4 portes. Les deux premières sont l'une en face de l'autre et occupées par les garçons, Mandy va directement ouvrir la seconde porte sur la droite, donc je prends celle d'en face, je l'ouvre, une vaste pièce apparaît devant mes yeux, avec dressing, bureau, musique, je pose ma guitare sur le lit, ouvre la porte du dressing, y range ma valise, je vois une seconde porte que j'ouvre sur une salle de bains au fond de laquelle il y a à nouveau une porte.
Moi : c'est quoi cette porte ?
Corres 1 : c'est la porte de ma chambre.
Moi : quoi la porte de ta chambre.
Corres 1 : oui, nos chambres communiquent via la salle de bain, les portes se verrouillent de l'intérieur, mais le plus souvent je laisse ouvert.
Moi : ouais, chacun son truc. Je pose vous poser une question ?
Les deux en ch½ur : oui.
Moi : c'est une mode en Allemagne de garder lunettes de soleil et écharpe à l'intérieur et le soir ?
Corres 2 : euh, non, on ne vous a pas prévenu ?
Moi : de quoi ?
Mandy : quoi tu n'as pas lu les feuilles de voyage avant de venir ?
Moi : quelles feuilles ?!
Mandy : oh ! je tiens un scoop, Elyn McBride à la ramasse ?
Moi : je t'emmerde !
Je la vois se diriger vers nos correspondants et leur enlève leur camouflage, ils se laissent faire, ne bougent même pas un sourcil. Dès qu'elle a finit, elle se recule pour me laisser regarder.
Mandy : Tom et Bill Kaulitz ! Il faut lire les papiers qu'on te donne, tu aurais su qu'on allait dans leur lycée, donc susceptible de les rencontrer. La c'est mieux on est carrément chez eux, trop top !
Moi (je l'imite) : ouais trop top !
Bill émet un petit rire, je le regarde, il me fait un clin d'½il, je détourne la tête, il croit quoi lui. Maintenant, c'est Tom qui rigole, ce qui a l'air de taper sur les nerfs de Bill. Je regarde ce dernier et lui fait un grand sourire. Mon téléphone se met à sonner.
Moi : Ben chou, tu vas bien, t'es où ?
Ben : je suis devant ta maison.
Moi : bien sur, à d'autres !
Ben : je ne blague pas, Andréas est leur meilleur ami.
Moi : Andréas, c'est qui ?
Bill : notre meilleur ami !
Ben : mon corres.
Moi : t'es sérieux, tu es là ?
Ben : oui !
Moi : génial j'arrive.
Je raccroche, bouscule un peu les autres pour sortir de ma nouvelle chambre, dévale les escaliers, ouvre la porte et me jette dans les bras de Ben, devant les yeux exorbités du fameux Andréas. On rejoint les autres au salon, Ben s'assoit sur un fauteuil et moi sur ses genoux.
Andréas : vous avez fait bonne route ?
Moi : ça va un peu long, pas trop confortable, mais ça va !
Mandy : Clair ! Ce n'est pas le bus de tournée des TH qu'on avait !
Les garçons se regardent, expression bizarre. J'engage la conversation avec Andréas, pendant que Mandy drague Tom.
Bill : ça fait longtemps que vous vous connaissez ?
Ben (me pousse) : Elyn, on te parle !
Moi : Ooouuuuuiiiiii !
Bill : je demandais si vous vous connaissez depuis longtemps.
Moi : en fait, Mandy est une amie d'enfance de Ben.
Ben : ah, ok !
Andréas : sinon tous les trois vous parlez très bien allemand.
Moi : maman est allemande donc on parle souvent à la maison.
Tom : donc tous les trois, vous vous êtes rencontrés au jardin d'enfance.
Je vais pour répondre mais Mandy prend les devants, me fait un clin d'½il qui n'a rien de discret et enchaîne. J'hausse les épaules, je ne la comprends pas du tout cette fille.
Mandy : oui, on se connaît tous les trois depuis le jardin d'enfance.
Andréas : bon, nous on doit y aller, on se voit demain dimanche, vos parents, nous ont invités à manger le midi.
Moi : je vous raccompagne.
Andréas : c'est bon, ça va aller.
Moi : ok, Ben, bonne nuit c½ur !
Je le sers très fort dans mes bras, il fait de même, il me chuchote bonne nuit à l'oreille, m'embrasse puis s'en va. Je baisse la tête dessus qu'on soit séparé, je n'aime vraiment pas être loin de lui. Tom passe un bras autour de mes épaules.
Tom : si tu as peur de dormir seule cette nuit, je remplacerais volontiers ton copain.
A l'écoute de la réplique de Tom, Mandy éclate de rire.
Tom : qu'est ce qu'elle a ?
Moi : rien chez elle, c'est normal. Bill, c'est quoi le programme pour demain.
Bill : pourquoi, tu demandes ça à moi ?
Moi : parce que Tom est partit faire une descente dans le frigo avec Mandy, je ne vais pas parler au coussin, donc je te parle à toi, mais bon si je te gêne, tu le dis !
Bill : non, ça va tant que tu ne te jettes pas sur moi comme tu le fais sur Ben !
Moi : t'inquiètes pas, je ne me jettes que sur Ben !
On se tait, on se fusille du regard, je ne sais même pas pourquoi on se prend la tête, c'est qu'il a l'air susceptible le garçon ! Tom et Mandy reviennent de la cuisine avec un plateau chargé de nourriture. On se prépare des sandwichs à 11h du soir. On fait un peu connaissance.
Tom : tu as une guitare, tu sais en jouer.
Moi : non, je la trimbale juste sur mon épaule, histoire de ....
Tom : ok, je l'ai cherché.
Moi : ça ne fait pas longtemps que je joues juste un an, je commence à me débrouiller, je lutte encore un peu sur certain barré.
Bill : qu'est ce qui t'as poussé à apprendre à jouer.
Moi : j'adore la musique, je joues du violon et du piano, j'aimerais maintenant savoir jouer de la guitare, je trouve que c'est un bon instrument, tu peux faire pas mal de chose, jouer une musique juste à la guitare en acoustique, tu peux faire passer des émotions. Tu vas me dire qu'avec le piano et la guitare, c'est pareil, mais ce n'est pas encore la même chose pour moi.
Bill : à t'entendre, tu as l'air vraiment passionnée.
Mandy : c'est une passionnée, avec elle, c'est soit tu fais partit de son cercle à 100 %, soit tu es éjectée et tout le monde l'écoute, oui, Elyn, tout le monde t'écoute et fais ce que Mademoiselle veut.
Moi : oui, Mandy moi aussi, je t'aime.
Tom : Mesdemoiselles, je vous propose un combat de boue pour régler votre différent.
Moi : je propose plutôt d'aller se coucher.
Tom : volontiers, ça sera avec plaisir !
Moi : se coucher mais chacun dans son lit.
Tom : tu ne veux pas un doudou pour la nuit.
Moi : demande à Mandy, elle en sera ravie ! Bonne nuit, à demain.
Je me lèves, commence à monter les escaliers, suivie de près par Bill.
Moi : bonne nuit, à demain !
Bill : tu n'es pas sympa avec elle.
Moi (je baisse la tête, rigole) : si tu le dis !
Je rentre dans ma chambre, sors ma valise du dressing, sors son contenu et le range au fur et à mesure. Je dispose un cadre photo sur ma table de nuit, sors ma guitare de sa housse, commence à jouer doucement quelques accords. Au bout d'une heure, je reçois un message de Ben.
De Ben : « tu fais quoi ? »
De Elyn : « Rien, tu me manques, tu es ou ? »
De Ben : « On s'évade ? »
De Elyn : « Oui, bip moi quand tu es en bas »
Je remet mon jean, un gros pull, prépare ma veste et mes clopes. Au bip de Ben, je sors doucement de ma chambre, éclairée par la lumière de mon portable. La maison est silencieuse, tout le monde dort. Je descend quelques marches craquent à mon passage. J'arrive devant la porte. Ouf, les clés sont sur la porte, je donne un coup de clé à gauche, le porte se déverrouille. Je suis libre. Je retrouve Ben dehors, on se prend dans les bras, on s'assoit sur un petit muret devant la maison, et on discute, au bout d'une heure, je pose ma tête sur son épaule à moitié endormie.
Ben : ma puce, va te coucher, tu es naze, on se voit demain midi, d'accord.
Moi : c'est nul ! Ils auraient pu nous mettre dans la même famille.
Ben : allez, ça va le faire t'inquiète, on est toujours uni.
Moi : oui, tant que tu es là, tout va bien.
Ben : rentre maintenant.
Moi : ça va aller pour rentrer.
Ben : je t'envoie un message.
Moi : dors bien.
Je le regarde s'éloigner, je me décide enfin à rentrer, je refais le chemin en sens inverse, arrivée devant ma porte, de la lumière filtre sous ma porte. Moi qui pensais l'avoir éteinte. Je pousse la porte et trouve Bill assis sur mon lit, les bras croisé, pas content du tout. Je l'ignore, enlève ma veste et mes chaussures.
Bill : ou tu étais ?
Moi : assise sur le muret devant la maison. Et toi, pourquoi tu es dans ma chambre ?
Bill : j'ai entendu du bruit, je t'ai vu sortir, alors je t'ai attendu ici. Ben va bien.
Moi : oui, il va bien. Tu vois je vais bien, tu peux aller te coucher.
Bill : il y a des règles ici ...
Moi (le coupant) : me dis pas que tu n'es jamais sortit en douce avec ton frère, en plus, je n'étais pas loin, j'étais devant le maison, si ça gène tant que ça je demanderais à tes parents.
Il continu à me fusiller du regard, je vais dans la salle de bain pour me brosser les dents, j'y retrouve Tom qui s'apprête à faire la même chose, il esquisse un sourire, il a tout entendu. Je retourne dans ma chambre, Bill y fait toujours le piquer.
Moi : tu peux aller te coucher, promis je ne sortirais plus ....avant demain maintenant.
Il ne me répond pas mais sors de la chambre, je mets mon tee-shirt, regarde la photo, puis éteins la lumière. Le sommeil ne tarde pas à venir.