Hum ! J'ai bien dormi, moi. Je fais le chat, je m'étire. Ouvre les yeux, l'un un après l'autre, me ressitue. Je vais à la douche, me casse le nez contre la porte, je n'aime pas ça dès le matin, il me faut une douche pour me réveiller ! Je tambourine contre cette malheureuse porte, pas de réponse, je recommence mais cette fois-ci beaucoup plus fort.
Moi : Tom, ouvre c'te porte ! TOM ! OUVRE !
J'entends la porte se déverrouiller, j'entre avec ma délicatesse légendaire (si, si, une vraie légende !)
Moi : j'espère que tu n'as pas pris toute l'eau chaude !
Je daigne enfin lever les yeux et tombe sur un Bill tout humide, une serviette négligemment posée sur les hanches. Je reste immobile et l'observe ouvertement.
Bill : le spectacle te plaît ?
Moi : ça manque un peu d'action !
Bill : pour l'action, j'en ai eu assez cette nuit.
Moi : Qu...quoi !
Je me regarde, c'est bon, j'ai toujours mes vêtements sur moi, nan, pas possible, je m'en souviendrais quand même. Je le regarde, lève un sourcil, secoue la tête pour remettre mes idées en place.
Moi : je peux savoir pourquoi tu squattes MA salle de bains ?!
Bill : Mandy occupe l'autre
Moi : et ..., tu sais Billou, c'est le but de partager à DEUX la salle de bains, et pas à trois.
Tom : stresse pas, ma puce, on va la prendre tous les deux la douche.
Moi : vous êtes en forme dès le matin, vous deux, j'ai une meilleure idée, vous sortez tous les deux de cette salle de bains, je me laves et promis après je serais de bonne humeur, surtout si j'ai mes tartines de Nutella de préparées avec mon thé, avec ça, je serais vraiment de super bonne humeur.
Je leur fais un méga sourire Colgate, les pousse gentiment hors de la pièce, Bill essaye de récupérer ses fringues, trop tard je ferme.
Moi : pas assez rapide petit scarabée !
Bill : rends moi mes fringues !
Moi : dès que j'ai fini !
Bill : je te déteste, OUVRE !
Moi : oui, c'est ça chou, moi aussi, je t'aime !
Je me faufile dans la douche, fais couler l'eau, hum trop bon, l'eau est brûlante, je m'active un petit peu, ce n'est pas tout mais il va falloir aller en cours. Génial, suivre Bill toute la journée ! Je m'habille jean noir, pull noir, puma noir, je me mets du noir aux yeux, et laisse mes boucles en total liberté. Je descends à la cuisine, salut tout le monde, m'assois à côté de Tom, je le regarde grand sourire.
Moi : tu as pu te laver ?
Tom : oui
Moi : après Mandy ?
Tom : oui
Je regarde Tom qui engouffre une tartine de Nutella dans sa bouche, il mâchouille vite fait et réitère la même opération.
Moi : dis, elles sont où mes tartines ?
Tom : pas le temps !
Moi : je suis désolé pour la salle de bains ce matin, mais Bill est venue l'utiliser avant.
Tom (entre deux bouchées) : t'as pas le temps !
Moi : comprend pas
Tom : Bill est déjà partit
Moi : et...
Tom : c'est lui ton corres !
Moi : ouais je sais, mais que j'arrive avec toi ou lui en cours, je ne vois pas trop la différence.
Tom : il y en a pourtant une puisqu'on est pas dans la même classe !
Mes quelques neurones se mettent en activité, ça y est l'info est passée, je me lèves d'un bond, monte les escaliers deux par deux, récupère mon sac y jette stylos et feuilles attrape ma veste, je redescends en courant manque quelques marches, finis ma course sur les fesses en bas de l'escalier. Je me relève, me frotte. Je demande vite fait la direction du Lycée, sors et continue de courir dans la rue tout en enfilant ma veste, tout droit jusqu'à l'arrêt de bus puis à gauche, j'aperçois Bill, j'accélère la cadence et arrive à sa hauteur. Je reprends mon souffle, marche à son rythme, je lui jette vite fait un regard, il avait l'air de meilleure humeur avec sa serviette. Je continue de le suivre, on arrive devant l'établissement, on a toujours pas échangé un seul mot, je salue en passant quelques connaissances puis il s'arrête pour discuter avec quelques potes, il ne me présente pas, il se dirige maintenant vers son casier, je le suis toujours comme son ombre, il prend ses cours pour repartir dans le sens opposé à notre venue, s'arrête à nouveau pour discuter. Je prends sur moi, je n'en peux plus je vais exploser, je repère un banc un peu isolé, il me tend les bras, m'appelle, je lui réponds, je pars m'y asseoir, Bill ne remarque pas mon absence persuadé que je continu de le suivre. Je pose, nan je laisse négligemment tomber mon sac de mon épaule au sol, sors une cigarette, retourne mon sac pour y trouver du feu, trouvaille heureuse qui tourne vite au drame quand ce dernier refuse de s'allumer, pas la moindre étincelle, je peste, les cours vont bientôt commencer sans ma dose de nicotine. Je souffle plus fort que la première fois, j'étends mes jambes, prend appui sur mes bras, je scrute les personnes à porté de moi, aucun visage ne m'est familier, normal, on est en Allemagne, ou sont passé les Français, je n'en vois pas à l'horizon, je continue dans l'espoir de remarquer un fumeur, fausse donne. Désespérée, mon regard se pose sur deux brindilles, nan, je n'y arriverais jamais. Résignée, je m'apprête à ranger ma cigarette quand mon Sauveur allume un briquet devant mes yeux, je dégaine rapidement ma cigarette, la porte à ma bouche puis l'allume.
Moi (grand sourire) : merci, tu me sauves la vie.
...: pardon, je ne parle pas très bien français.
Moi (en allemand cette fois-ci) : désolé, merci pour le feu, tu me sauves la vie !
... : il est si terrible que ça ton corres
Moi : non, ça va, il est cool, en même temps, ça fait à peine deux jours que j'ai l'immense honneur de le côtoyer.
... : ouais, sympa tes ongles noirs avec un trait blanc.
Moi : merci, je te retourne le compliment pour ta coupe, j'adore !
... : je m'appelle Kristian.
Moi : enchantée, moi c'est Elyn.
Kris : je crois qu'il te fait signe de venir.
Moi : il peut se déplacer.
Kris : t'es dure !
Moi : t'as peut être raison, bon j'y vais, à une prochaine !
Je m'éloigne un grand signe de main. Arrivée à la hauteur de Bill, il me fait face, le regard noir.
Bill : tu ne devrais pas traîner avec ce mec.
Moi : pourquoi ?
Bill : viens, on va en cours.
Super, me réponds pas surtout. Dans la salle, cinq Français que je reconnais, sont debout devant le tableau. J'en déduis qu'il faut que je fasse pareil.
Paresse, je m'assois direct à côté de Bill, dans le fond, près de la fenêtre. Le prof fait une entrée fracassante, le mot est faible. Il se prend les pieds dans l'estrade, se rattrape difficilement au bureau, rajuste sa veste, redresse ses lunettes, lève le menton, s'échauffe la voix. Commence un speech que je ne prends pas la peine d'écouter et encore moins de traduire. Je regarde par la fenêtre, Kristian est toujours sur le banc, des potes à lui l'y ont rejoint. Je continue de l'observer, je ne vois vraiment pas pourquoi Bill m'a mise en garde contre ce mec. Perdue dans mes pensées, je sursaute lorsque cet abruti de prof frappe du plat de la main contre la table.
Prof : bien, maintenant que Mademoiselle, nous fait l'honneur d'être à nouveau parmi nous, elle nous fera peut-être l'honneur de rejoindre ses petits camarades.
Moi : je ne peux pas
Prof : pourquoi cela ?
Moi : j'ai la jambe cassée.
Prof : où sont vos béquilles ?
Moi : ch'ai pas, elles doivent se balader quelque part.
Prof : assez parlé, allez vous balader devant le tableau.
Je me lèves, rejoins mes petits camarades au tableau.
Moi : qu'est ce qu'il nous veut ?
Mat : pas la moindre idée !
Moi : pari, il va vouloir qu'on se présente, du style quels sont nos hobbies, etc, le truc bien chiant.
Nos réflexions sont interrompues par l'entrée de Kristian et d'un de ses potes, même look. Je le suis des yeux, il s'installe à la table devant celle de Bill, petit clin d'½il. Coup de coude de Mat, me préviens qu'il est à nouveau entrain de parler, on discute un peu de la soirée d'hier, lorsque le prof intervient encore !
Prof : Mademoiselle, peut être un café pour discuter.
Moi : je préférerais un thé, en fait.
Prof : c'est une blague ?
Je lui fais signe que non de la tête, Mathieu étouffe un rire, qui me fait immédiatement sourire.
Prof : vous avez l'air de trouver ça drôle, je ne suis pas sûr que votre correspondant trouvera ça aussi drôle que vous pendant votre heure de colle.
Mon sourire se fige, Bill me fusille du regard à présent, il me fait un rapide signe mais je comprends rapidement que je suis morte si je n'arrange pas la situation. Je m'éclaircis la voix.
Moi : Excusez moi, Monsieur, mais si vous nous avez réuni gentiment sur cette estrade, je présume que c'est pour illustrer votre cours, avec les différentes informations que l'on pourrait fournir à vos étudiants sur les us et coutumes françaises, non ?!
Le prof reste béat, prend le temps de digérer mon petit discours, un sourire se dessine.
Prof : Mademoiselle, me parait bien bavarde !
Moi : peut-être, ça dépendra de vos questions.
Prof : n'ayez crainte, je vous demanderais seulement de vous présenter pour le moment, vu que nous aurons l'honneur de nous côtoyer pendant trois semaines.
Mat commence sa présentation, suivit de Guillaume, Elodie, Arduin, Marye et Moi.
Moi : bonjour à tous, je m'appelle Elyn McBride, délicieux mélange d'une maman Allemande et d'un papa Américain, deux cultures que je connais pour les avoir à la maison, deux langues que je parle, j'ai 18 ans, Ben un frère jumeau, une guitare, une passion pour la danse que je pratique, un chat et deux poissons rouges, d'ailleurs je ne me rappelle pas si je leur ai a donné à manger avant de partir.
Je sors mon portable de ma poche : contact, casa, touche appel. Ça sonne, une fois, deux fois, ça répond.
Moi : maman, c'est moi.
....
Moi : oui, je vais bien, dis je...
....
Moi : oui, Ben va bien aussi, dis ...
...
Moi : oui, le voyage s'est très bien passé, dis écoute moi.
....
Moi : MAMAN, tu peux donner à manger à Gaston et Léon, moi aussi je t'aime, poutoux.
Prof : Mademoiselle McBride, vous avez gagné.
Moi : cool, et quoi donc ?
Prof : votre heure de colle, on téléphone peut être pendant les cours en France mais ça ne se fait pas en Allemagne.
Moi : j'en suis désolée, l'habitude vous comprenez.
Prof : non, allez vous asseoir, vous récupérerez votre colle à la fin du cours, et vous y irez seule, Bill devant déjà vous supporter la punition est assez lourde pour Lui.
Je retourne près de ma chère fenêtre. Un petit papier atterrit devant moi. J'hésite, le prend, le lit.
Moi : Tom, ouvre c'te porte ! TOM ! OUVRE !
J'entends la porte se déverrouiller, j'entre avec ma délicatesse légendaire (si, si, une vraie légende !)
Moi : j'espère que tu n'as pas pris toute l'eau chaude !
Je daigne enfin lever les yeux et tombe sur un Bill tout humide, une serviette négligemment posée sur les hanches. Je reste immobile et l'observe ouvertement.
Bill : le spectacle te plaît ?
Moi : ça manque un peu d'action !
Bill : pour l'action, j'en ai eu assez cette nuit.
Moi : Qu...quoi !
Je me regarde, c'est bon, j'ai toujours mes vêtements sur moi, nan, pas possible, je m'en souviendrais quand même. Je le regarde, lève un sourcil, secoue la tête pour remettre mes idées en place.
Moi : je peux savoir pourquoi tu squattes MA salle de bains ?!
Bill : Mandy occupe l'autre
Moi : et ..., tu sais Billou, c'est le but de partager à DEUX la salle de bains, et pas à trois.
Tom : stresse pas, ma puce, on va la prendre tous les deux la douche.
Moi : vous êtes en forme dès le matin, vous deux, j'ai une meilleure idée, vous sortez tous les deux de cette salle de bains, je me laves et promis après je serais de bonne humeur, surtout si j'ai mes tartines de Nutella de préparées avec mon thé, avec ça, je serais vraiment de super bonne humeur.
Je leur fais un méga sourire Colgate, les pousse gentiment hors de la pièce, Bill essaye de récupérer ses fringues, trop tard je ferme.
Moi : pas assez rapide petit scarabée !
Bill : rends moi mes fringues !
Moi : dès que j'ai fini !
Bill : je te déteste, OUVRE !
Moi : oui, c'est ça chou, moi aussi, je t'aime !
Je me faufile dans la douche, fais couler l'eau, hum trop bon, l'eau est brûlante, je m'active un petit peu, ce n'est pas tout mais il va falloir aller en cours. Génial, suivre Bill toute la journée ! Je m'habille jean noir, pull noir, puma noir, je me mets du noir aux yeux, et laisse mes boucles en total liberté. Je descends à la cuisine, salut tout le monde, m'assois à côté de Tom, je le regarde grand sourire.
Moi : tu as pu te laver ?
Tom : oui
Moi : après Mandy ?
Tom : oui
Je regarde Tom qui engouffre une tartine de Nutella dans sa bouche, il mâchouille vite fait et réitère la même opération.
Moi : dis, elles sont où mes tartines ?
Tom : pas le temps !
Moi : je suis désolé pour la salle de bains ce matin, mais Bill est venue l'utiliser avant.
Tom (entre deux bouchées) : t'as pas le temps !
Moi : comprend pas
Tom : Bill est déjà partit
Moi : et...
Tom : c'est lui ton corres !
Moi : ouais je sais, mais que j'arrive avec toi ou lui en cours, je ne vois pas trop la différence.
Tom : il y en a pourtant une puisqu'on est pas dans la même classe !
Mes quelques neurones se mettent en activité, ça y est l'info est passée, je me lèves d'un bond, monte les escaliers deux par deux, récupère mon sac y jette stylos et feuilles attrape ma veste, je redescends en courant manque quelques marches, finis ma course sur les fesses en bas de l'escalier. Je me relève, me frotte. Je demande vite fait la direction du Lycée, sors et continue de courir dans la rue tout en enfilant ma veste, tout droit jusqu'à l'arrêt de bus puis à gauche, j'aperçois Bill, j'accélère la cadence et arrive à sa hauteur. Je reprends mon souffle, marche à son rythme, je lui jette vite fait un regard, il avait l'air de meilleure humeur avec sa serviette. Je continue de le suivre, on arrive devant l'établissement, on a toujours pas échangé un seul mot, je salue en passant quelques connaissances puis il s'arrête pour discuter avec quelques potes, il ne me présente pas, il se dirige maintenant vers son casier, je le suis toujours comme son ombre, il prend ses cours pour repartir dans le sens opposé à notre venue, s'arrête à nouveau pour discuter. Je prends sur moi, je n'en peux plus je vais exploser, je repère un banc un peu isolé, il me tend les bras, m'appelle, je lui réponds, je pars m'y asseoir, Bill ne remarque pas mon absence persuadé que je continu de le suivre. Je pose, nan je laisse négligemment tomber mon sac de mon épaule au sol, sors une cigarette, retourne mon sac pour y trouver du feu, trouvaille heureuse qui tourne vite au drame quand ce dernier refuse de s'allumer, pas la moindre étincelle, je peste, les cours vont bientôt commencer sans ma dose de nicotine. Je souffle plus fort que la première fois, j'étends mes jambes, prend appui sur mes bras, je scrute les personnes à porté de moi, aucun visage ne m'est familier, normal, on est en Allemagne, ou sont passé les Français, je n'en vois pas à l'horizon, je continue dans l'espoir de remarquer un fumeur, fausse donne. Désespérée, mon regard se pose sur deux brindilles, nan, je n'y arriverais jamais. Résignée, je m'apprête à ranger ma cigarette quand mon Sauveur allume un briquet devant mes yeux, je dégaine rapidement ma cigarette, la porte à ma bouche puis l'allume.
Moi (grand sourire) : merci, tu me sauves la vie.
...: pardon, je ne parle pas très bien français.
Moi (en allemand cette fois-ci) : désolé, merci pour le feu, tu me sauves la vie !
... : il est si terrible que ça ton corres
Moi : non, ça va, il est cool, en même temps, ça fait à peine deux jours que j'ai l'immense honneur de le côtoyer.
... : ouais, sympa tes ongles noirs avec un trait blanc.
Moi : merci, je te retourne le compliment pour ta coupe, j'adore !
... : je m'appelle Kristian.
Moi : enchantée, moi c'est Elyn.
Kris : je crois qu'il te fait signe de venir.
Moi : il peut se déplacer.
Kris : t'es dure !
Moi : t'as peut être raison, bon j'y vais, à une prochaine !
Je m'éloigne un grand signe de main. Arrivée à la hauteur de Bill, il me fait face, le regard noir.
Bill : tu ne devrais pas traîner avec ce mec.
Moi : pourquoi ?
Bill : viens, on va en cours.
Super, me réponds pas surtout. Dans la salle, cinq Français que je reconnais, sont debout devant le tableau. J'en déduis qu'il faut que je fasse pareil.
Paresse, je m'assois direct à côté de Bill, dans le fond, près de la fenêtre. Le prof fait une entrée fracassante, le mot est faible. Il se prend les pieds dans l'estrade, se rattrape difficilement au bureau, rajuste sa veste, redresse ses lunettes, lève le menton, s'échauffe la voix. Commence un speech que je ne prends pas la peine d'écouter et encore moins de traduire. Je regarde par la fenêtre, Kristian est toujours sur le banc, des potes à lui l'y ont rejoint. Je continue de l'observer, je ne vois vraiment pas pourquoi Bill m'a mise en garde contre ce mec. Perdue dans mes pensées, je sursaute lorsque cet abruti de prof frappe du plat de la main contre la table.
Prof : bien, maintenant que Mademoiselle, nous fait l'honneur d'être à nouveau parmi nous, elle nous fera peut-être l'honneur de rejoindre ses petits camarades.
Moi : je ne peux pas
Prof : pourquoi cela ?
Moi : j'ai la jambe cassée.
Prof : où sont vos béquilles ?
Moi : ch'ai pas, elles doivent se balader quelque part.
Prof : assez parlé, allez vous balader devant le tableau.
Je me lèves, rejoins mes petits camarades au tableau.
Moi : qu'est ce qu'il nous veut ?
Mat : pas la moindre idée !
Moi : pari, il va vouloir qu'on se présente, du style quels sont nos hobbies, etc, le truc bien chiant.
Nos réflexions sont interrompues par l'entrée de Kristian et d'un de ses potes, même look. Je le suis des yeux, il s'installe à la table devant celle de Bill, petit clin d'½il. Coup de coude de Mat, me préviens qu'il est à nouveau entrain de parler, on discute un peu de la soirée d'hier, lorsque le prof intervient encore !
Prof : Mademoiselle, peut être un café pour discuter.
Moi : je préférerais un thé, en fait.
Prof : c'est une blague ?
Je lui fais signe que non de la tête, Mathieu étouffe un rire, qui me fait immédiatement sourire.
Prof : vous avez l'air de trouver ça drôle, je ne suis pas sûr que votre correspondant trouvera ça aussi drôle que vous pendant votre heure de colle.
Mon sourire se fige, Bill me fusille du regard à présent, il me fait un rapide signe mais je comprends rapidement que je suis morte si je n'arrange pas la situation. Je m'éclaircis la voix.
Moi : Excusez moi, Monsieur, mais si vous nous avez réuni gentiment sur cette estrade, je présume que c'est pour illustrer votre cours, avec les différentes informations que l'on pourrait fournir à vos étudiants sur les us et coutumes françaises, non ?!
Le prof reste béat, prend le temps de digérer mon petit discours, un sourire se dessine.
Prof : Mademoiselle, me parait bien bavarde !
Moi : peut-être, ça dépendra de vos questions.
Prof : n'ayez crainte, je vous demanderais seulement de vous présenter pour le moment, vu que nous aurons l'honneur de nous côtoyer pendant trois semaines.
Mat commence sa présentation, suivit de Guillaume, Elodie, Arduin, Marye et Moi.
Moi : bonjour à tous, je m'appelle Elyn McBride, délicieux mélange d'une maman Allemande et d'un papa Américain, deux cultures que je connais pour les avoir à la maison, deux langues que je parle, j'ai 18 ans, Ben un frère jumeau, une guitare, une passion pour la danse que je pratique, un chat et deux poissons rouges, d'ailleurs je ne me rappelle pas si je leur ai a donné à manger avant de partir.
Je sors mon portable de ma poche : contact, casa, touche appel. Ça sonne, une fois, deux fois, ça répond.
Moi : maman, c'est moi.
....
Moi : oui, je vais bien, dis je...
....
Moi : oui, Ben va bien aussi, dis ...
...
Moi : oui, le voyage s'est très bien passé, dis écoute moi.
....
Moi : MAMAN, tu peux donner à manger à Gaston et Léon, moi aussi je t'aime, poutoux.
Prof : Mademoiselle McBride, vous avez gagné.
Moi : cool, et quoi donc ?
Prof : votre heure de colle, on téléphone peut être pendant les cours en France mais ça ne se fait pas en Allemagne.
Moi : j'en suis désolée, l'habitude vous comprenez.
Prof : non, allez vous asseoir, vous récupérerez votre colle à la fin du cours, et vous y irez seule, Bill devant déjà vous supporter la punition est assez lourde pour Lui.
Je retourne près de ma chère fenêtre. Un petit papier atterrit devant moi. J'hésite, le prend, le lit.
« Le Prof t'adore, tu t'es fait un ami
Kristian. »
« Non, je m'en suis fait deux. E. »
« Deux ? K. »
« T'as oublié Bill, vu le regard qu'il me lance, tu crois qu'il va me tuer E. »
« Je te défendrai. K »
« Merci. E. »
Kristian. »
« Non, je m'en suis fait deux. E. »
« Deux ? K. »
« T'as oublié Bill, vu le regard qu'il me lance, tu crois qu'il va me tuer E. »
« Je te défendrai. K »
« Merci. E. »
Bill : je ne savais pas que tu aimais la danse.
Moi : Aimer, le mot est faible, j'adore tout comme la musique
Bill : ouais.
J'attends avec impatience la fin cours, quand l'aiguille des minutes s'approche dangereusement de l'échéance, je range tranquillement mes affaires fait un signe discret à Bill, puis me faufile derrière les tables du fond baissée en mode furtif arrivée dans l'allée proche de la porte, je m'y glisse à pas de loups, je me cogne contre un obstacle, je relève la tête et me retrouve nez à nez avec le Prof, et M**** ! Il tient dans sa main une petite feuille de papier, en y regardant de plus près, je peux y lire « Heure de Colle ».
Prof : Tenez, Mademoiselle, vous transmettrez également ceci à Kristian.
Moi : je ne vais lui donner, ça ne se fait pas.
Prof : alors peut être que vous voulez la faire en plus de la vôtre.
Moi : euh, non, je crois que ça va aller.
Prof : je suis content que nous tombions d'accord.
Je sors en traînant les pieds, j'aperçois Ben pas trop loin du banc occupé à nouveau par Kristian et ses potes. Je me dirige vers mon frère, toujours en traînant des pieds, je m'approche de lui, tire doucement sur sa manche pour lui signifier ma présence. Il me prend direct dans ses bras, et me colle un bisou sur le front.
Ben : qu'est qui ne va pas, puce ?
Je lui tends mon heure de colle en lui faisant une belle grimace. Il regarde le papier que je lui tends et m'applaudit.
Ben : tu es trop forte, en deux heures de cours tu es déjà collé, mieux qu'en France.
Moi (Je lui tire la langue) : je ne suis pas seule faut que j'aille en donner une aussi à Kristian.
Ben : pas drôle ça.
Moi : c'est clair ! Bon, quand faut y aller, je vais lui donner, je reviens.
Ben : bonne chance
Je me dirige vers le banc, tête baissée, arrivée à leur niveau je la relève.
Moi : Kristian ?!
Il se retourne vers moi, un peu étonné, en le regardant bien il est mimi comme tout ce mec avec son look emo j'adore.
Kristian : oui, tu veux du feu ?
Moi : j'aurai préféré, le Prof m'a attrapé, il m'a passé ma colle, mais également la tienne.
Kristian : donc si tu es là c'est pour me la donner.
Moi : tu as tout compris.
Kristian : allez donne, y a pas mort d'hommes. Les gars, je vous présente Elyn qui a l'honneur d'être dans notre lycée pour trois semaines.
Pote 1 : pour trois semaines ?
Moi : oui, je suis Française, je suis en Allemagne en voyage avec mon Lycée.
Pote 2 : il est long votre voyage.
Moi : je suis en section Européenne, c'est pour ça.
Pote 2 : en tout cas, tu as un très bon accent.
Moi : merci, c'est gentil.
Kristian : Y a ton copain qui t'observe depuis tout à l'heure.
Moi : je me retourne, fais un signe de la main) : c'est mon frère.
Pote 1 : tu es dans la même classe que ton frère !!
Moi : non, ils nous ont séparé, un peu trop bruyants, je ne vois pas pourquoi.
Kristian : c'est ton jumeau ?
Moi : oui.
Kristian : s'il a le même caractère que toi, ça doit être marrant de vous avoir dans la même classe.
Moi : les profs ont un peu de mal à nous supporter.
Ben : on parle de moi ?
Moi : en mal bien sur !
Ben : venant toi, ça ne m'étonne pas.
Je lui tire la langue et on rigole tous les deux. Ben me colle un autre bisou sur le front.
Ben : tu me présentes.
Moi : Yes, sir ! Kristian qui m'a dépanné tout à l'heure et qui va devoir me supporter pendant une heure de colle.
Ben : je te plains, c'est une vrai chieuse. Dis, Bill et Tom propose une petite escapade en dehors de ses murs, ça te tente ?
Moi : je sais même pas pourquoi tu me pose la question !
Ben : alors, c'est partit ! Salut les mecs à une prochaine !
Moi : salut, désolé pour la colle !
On rejoint le petit groupe déjà formé, et se dirigeons à présent vers la sortie, pas de surveillant, trop bien les lycées allemands, on passe la grille sans difficulté, on suit les garçons qui nous emmènent chez eux.
Moi : Bill, tes parents ne sont pas là ?
Bill : non, et ils rentrent tard donc pas de problème le matin, il n'y a personne.
On descend tous à la cave où les garçons se sont fait une salle de répét'. La pièce est assez grande, canapés, poufs, instruments et partitions se côtoient.
Bill : installez vous, je vais chercher les boissons.
Moi : je te donne un coup de mains !
Je l'accompagne dans la cuisine, il prépare un plateau.
Moi : je peux t'aider ?
Bill : non, c'est bon !
J'attends qu'il finisse de remplir le plateau, on retourne en direction de la cave, je m'arrête devant le piano, l'effleure du bout des doigts.
Bill : si tu veux en jouer, tu peux, il y en a un aussi dans la cave, tu peux y jouer à n'importe quelle heure, personne ne t'entendra.
Moi : merci, ça ne te gêne pas si je reste un peu là.
Bill : tu ne veux pas jouer en bas.
Moi : si, j'arrive, je veux juste jouer un peu toute seule.
Bill : ok, je comprends.
Il se retourne et continue son chemin. Je m'installe pose mes doigts sur les touches, ils se mettent à courir tous seuls, ils reconnaissent la matière, la mélodie vient toute seule, parfois plus lente puis elle accélère, les souvenirs affluent dans ma tête, les larmes montent, s'écrasent sur mes mains qui se sont paralysées. J'entends quelqu'un remonter de la cave, je referme vite fait le piano, monte à toute vitesse dans ma chambre, je m'enferme dans la salle de bain, je m'essuies les yeux, retouche mon maquillage, redescend à la cave. Je m'assois un peu en retrait les observe, ils rigolent, ils s'amusent, Ben me fait un clin d'½il que je lui rend, Tom a pris sa guitare, il maltraite une chanson de Muse en essayant de chanter. Le temps passe, chacun s'essaye aux instruments, midi arrive, les uns et les autres rentrent chez eux pour manger. On fait de même, en sortant du frigo, et en faisant réchauffer le plat que Simone a eu la gentillesse de nous préparer. On s'installe à table.
Tom : je ne savais pas que tu connaissais Kristian.
Moi : je l'ai rencontré ce matin, il m'a dépanné.
Tom : Je paris que Bill t'a dit de ne pas t'approcher de lui.
Bill : occupe toi de ce qui te rgarde.
Tom : est ce qu'il t'a dit au moins pourquoi ?
Bill : Tom ferme là.
Moi : non pas vraiment.
Tom (il rigole fier de faire enrager son frère) : c'est parce qu'il lui a piqué sa dernière copine.
Je me retourne d'un seul coup vers Bill dont les joues sont devenues rouge écarlate, il prend une part de hachis Parmentier dans sa main et viens l'écraser sur le visage de Tom. On se regarde avec Mandy et on éclate de rire, on prend chacune un morceau dans notre main qu'on écrase sur les joues de Bill. Il se met à hurler, attrape Mandy par le bras et lui en écrase aussi sur la joue, je suis pliée en deux mais mon répit et de courte durée, je vois Tom se préparer à l'attaque, je n'attends pas une minute de plus pour attraper mes jambes à mon cou et me mettre à courir, il me poursuit, on fait le tour du canapé, il me bloque ma seule issue est la porte d'entrée se trouvant dans mon dos. Une impulsion et je suis déçue, je l'ouvre d'un même élan, me retrouve dehors poursuivie par Tom qui me rattrape, se jette sur moi et m'écrase le hachis Parmentier en plein milieu du visage, on est tous les deux étalés dans l'allée, morts de rire. On entend des applaudissements, on tourne la tête vers le trottoir ou Kristian et un de ses potes nous observent. Tom le salue, puis m'aide à me relever, j'enlève le plus gros de mon visage que j'étale sur le tee-shirt de Tom, il me fait la grimace et discute un peu avec eux, je ne prête pas attention à leur conversation, ils ont l'air de s'apprécier, je me retourne et aperçoit Bill par la fenêtre. Je les salue et retourne dans la maison. Bill m'explique que Mandy est partie se doucher.
Moi : tu n'y vas pas ? Tu peux utiliser la notre, si tu veux.
Bill : je vais prendre celle de mes parents, t'inquiète pas.
J'acquiesce, on monte ensemble à l'étage, chacun se dirigeant vers une salle de bains. Une fois ma douche prise, je redescends et découvre Tom tranquillement installé dans le canapé avec Kristian et son pote en pleine conversation, je m'assois dans un fauteuil, les écoutant d'une oreille distraite. J'entends Bill descendre à son tour les escaliers suivis de près, plutôt collé de près par Mandy. Cette dernière s'installe aux côtés de l'ami de Kristian. Elle lui tend la main.
Mandy : je m'appelle Mandy, et elle là-bas, c'est Elyn.
Pote : enchanté, moi c'est Sébastian. On m'a dit que tu jouais de la guitare.
Mandy : elle joue aussi du violon et du piano.
Je regarde Bill qui reste raide comme un « i » sur son fauteuil.
Moi : je vais prendre un truc à boire quelqu'un veut quelque chose ?
Bill : je t'accompagne.
Moi : ça va ?
Bill : pourquoi ça n'irai pas.
Moi : je ne sais pas le fat que Kristian squatte ton canapé.
Bill : ça ne me dérange pas.
Moi : on ne dirait pas.
Bill : pas envie d'en parler.
Je retourne dans le salon, j'entends la porte d'entrée claquait, je me retourne Bill a disparu.
Tom : qu'est ce que tu lui as encore dit ?
Moi : ce n'est pas moi, je n'ai rien fait !
Tom : vous n'arrêtez pas de vous chamailler tous les deux, couchez ensemble une bonne fois, et en parle plus.
Moi : tu sais que le sexe ne résout pas tout dans la vie, Tom !
Tom : si tu ne veux pas coucher avec Bill, je veux bien coucher avec toi.
Moi : si tu le dis, en attendant, je vais jouer un peu à la cave, si c'est pour coucher Tom, ne te fatigue pas à descendre.
Mandy : ouh ! Fais gaffe, elle va bientôt te mordre.
Moi : ferme là, Mandy !
Qu'est ce qu'ils ont tous aujourd'hui. Bill qui part pour cause de la présence de Kristian dans son salon, Tom qui me propose de coucher avec lui, et, Mandy, toujours fidèle à elle-même. Je fais le tour de la pièce, différentes guitares s'offrent à ma vue et surtout le piano.

