Chapitre 4

Chapitre 4
Hum ! J'ai bien dormi, moi. Je fais le chat, je m'étire. Ouvre les yeux, l'un un après l'autre, me ressitue. Je vais à la douche, me casse le nez contre la porte, je n'aime pas ça dès le matin, il me faut une douche pour me réveiller ! Je tambourine contre cette malheureuse porte, pas de réponse, je recommence mais cette fois-ci beaucoup plus fort.

Moi : Tom, ouvre c'te porte ! TOM ! OUVRE !

J'entends la porte se déverrouiller, j'entre avec ma délicatesse légendaire (si, si, une vraie légende !)

Moi : j'espère que tu n'as pas pris toute l'eau chaude !

Je daigne enfin lever les yeux et tombe sur un Bill tout humide, une serviette négligemment posée sur les hanches. Je reste immobile et l'observe ouvertement.

Bill : le spectacle te plaît ?
Moi : ça manque un peu d'action !
Bill : pour l'action, j'en ai eu assez cette nuit.
Moi : Qu...quoi !

Je me regarde, c'est bon, j'ai toujours mes vêtements sur moi, nan, pas possible, je m'en souviendrais quand même. Je le regarde, lève un sourcil, secoue la tête pour remettre mes idées en place.

Moi : je peux savoir pourquoi tu squattes MA salle de bains ?!
Bill : Mandy occupe l'autre
Moi : et ..., tu sais Billou, c'est le but de partager à DEUX la salle de bains, et pas à trois.
Tom : stresse pas, ma puce, on va la prendre tous les deux la douche.
Moi : vous êtes en forme dès le matin, vous deux, j'ai une meilleure idée, vous sortez tous les deux de cette salle de bains, je me laves et promis après je serais de bonne humeur, surtout si j'ai mes tartines de Nutella de préparées avec mon thé, avec ça, je serais vraiment de super bonne humeur.

Je leur fais un méga sourire Colgate, les pousse gentiment hors de la pièce, Bill essaye de récupérer ses fringues, trop tard je ferme.

Moi : pas assez rapide petit scarabée !
Bill : rends moi mes fringues !
Moi : dès que j'ai fini !
Bill : je te déteste, OUVRE !
Moi : oui, c'est ça chou, moi aussi, je t'aime !

Je me faufile dans la douche, fais couler l'eau, hum trop bon, l'eau est brûlante, je m'active un petit peu, ce n'est pas tout mais il va falloir aller en cours. Génial, suivre Bill toute la journée ! Je m'habille jean noir, pull noir, puma noir, je me mets du noir aux yeux, et laisse mes boucles en total liberté. Je descends à la cuisine, salut tout le monde, m'assois à côté de Tom, je le regarde grand sourire.

Moi : tu as pu te laver ?
Tom : oui
Moi : après Mandy ?
Tom : oui

Je regarde Tom qui engouffre une tartine de Nutella dans sa bouche, il mâchouille vite fait et réitère la même opération.

Moi : dis, elles sont où mes tartines ?
Tom : pas le temps !
Moi : je suis désolé pour la salle de bains ce matin, mais Bill est venue l'utiliser avant.
Tom (entre deux bouchées) : t'as pas le temps !
Moi : comprend pas
Tom : Bill est déjà partit
Moi : et...
Tom : c'est lui ton corres !
Moi : ouais je sais, mais que j'arrive avec toi ou lui en cours, je ne vois pas trop la différence.
Tom : il y en a pourtant une puisqu'on est pas dans la même classe !

Mes quelques neurones se mettent en activité, ça y est l'info est passée, je me lèves d'un bond, monte les escaliers deux par deux, récupère mon sac y jette stylos et feuilles attrape ma veste, je redescends en courant manque quelques marches, finis ma course sur les fesses en bas de l'escalier. Je me relève, me frotte. Je demande vite fait la direction du Lycée, sors et continue de courir dans la rue tout en enfilant ma veste, tout droit jusqu'à l'arrêt de bus puis à gauche, j'aperçois Bill, j'accélère la cadence et arrive à sa hauteur. Je reprends mon souffle, marche à son rythme, je lui jette vite fait un regard, il avait l'air de meilleure humeur avec sa serviette. Je continue de le suivre, on arrive devant l'établissement, on a toujours pas échangé un seul mot, je salue en passant quelques connaissances puis il s'arrête pour discuter avec quelques potes, il ne me présente pas, il se dirige maintenant vers son casier, je le suis toujours comme son ombre, il prend ses cours pour repartir dans le sens opposé à notre venue, s'arrête à nouveau pour discuter. Je prends sur moi, je n'en peux plus je vais exploser, je repère un banc un peu isolé, il me tend les bras, m'appelle, je lui réponds, je pars m'y asseoir, Bill ne remarque pas mon absence persuadé que je continu de le suivre. Je pose, nan je laisse négligemment tomber mon sac de mon épaule au sol, sors une cigarette, retourne mon sac pour y trouver du feu, trouvaille heureuse qui tourne vite au drame quand ce dernier refuse de s'allumer, pas la moindre étincelle, je peste, les cours vont bientôt commencer sans ma dose de nicotine. Je souffle plus fort que la première fois, j'étends mes jambes, prend appui sur mes bras, je scrute les personnes à porté de moi, aucun visage ne m'est familier, normal, on est en Allemagne, ou sont passé les Français, je n'en vois pas à l'horizon, je continue dans l'espoir de remarquer un fumeur, fausse donne. Désespérée, mon regard se pose sur deux brindilles, nan, je n'y arriverais jamais. Résignée, je m'apprête à ranger ma cigarette quand mon Sauveur allume un briquet devant mes yeux, je dégaine rapidement ma cigarette, la porte à ma bouche puis l'allume.

Moi (grand sourire) : merci, tu me sauves la vie.
...: pardon, je ne parle pas très bien français.
Moi (en allemand cette fois-ci) : désolé, merci pour le feu, tu me sauves la vie !
... : il est si terrible que ça ton corres
Moi : non, ça va, il est cool, en même temps, ça fait à peine deux jours que j'ai l'immense honneur de le côtoyer.
... : ouais, sympa tes ongles noirs avec un trait blanc.
Moi : merci, je te retourne le compliment pour ta coupe, j'adore !
... : je m'appelle Kristian.
Moi : enchantée, moi c'est Elyn.
Kris : je crois qu'il te fait signe de venir.
Moi : il peut se déplacer.
Kris : t'es dure !
Moi : t'as peut être raison, bon j'y vais, à une prochaine !

Je m'éloigne un grand signe de main. Arrivée à la hauteur de Bill, il me fait face, le regard noir.

Bill : tu ne devrais pas traîner avec ce mec.
Moi : pourquoi ?
Bill : viens, on va en cours.

Super, me réponds pas surtout. Dans la salle, cinq Français que je reconnais, sont debout devant le tableau. J'en déduis qu'il faut que je fasse pareil.
Paresse, je m'assois direct à côté de Bill, dans le fond, près de la fenêtre. Le prof fait une entrée fracassante, le mot est faible. Il se prend les pieds dans l'estrade, se rattrape difficilement au bureau, rajuste sa veste, redresse ses lunettes, lève le menton, s'échauffe la voix. Commence un speech que je ne prends pas la peine d'écouter et encore moins de traduire. Je regarde par la fenêtre, Kristian est toujours sur le banc, des potes à lui l'y ont rejoint. Je continue de l'observer, je ne vois vraiment pas pourquoi Bill m'a mise en garde contre ce mec. Perdue dans mes pensées, je sursaute lorsque cet abruti de prof frappe du plat de la main contre la table.

Prof : bien, maintenant que Mademoiselle, nous fait l'honneur d'être à nouveau parmi nous, elle nous fera peut-être l'honneur de rejoindre ses petits camarades.
Moi : je ne peux pas
Prof : pourquoi cela ?
Moi : j'ai la jambe cassée.
Prof : où sont vos béquilles ?
Moi : ch'ai pas, elles doivent se balader quelque part.
Prof : assez parlé, allez vous balader devant le tableau.

Je me lèves, rejoins mes petits camarades au tableau.

Moi : qu'est ce qu'il nous veut ?
Mat : pas la moindre idée !
Moi : pari, il va vouloir qu'on se présente, du style quels sont nos hobbies, etc, le truc bien chiant.

Nos réflexions sont interrompues par l'entrée de Kristian et d'un de ses potes, même look. Je le suis des yeux, il s'installe à la table devant celle de Bill, petit clin d'½il. Coup de coude de Mat, me préviens qu'il est à nouveau entrain de parler, on discute un peu de la soirée d'hier, lorsque le prof intervient encore !

Prof : Mademoiselle, peut être un café pour discuter.
Moi : je préférerais un thé, en fait.
Prof : c'est une blague ?

Je lui fais signe que non de la tête, Mathieu étouffe un rire, qui me fait immédiatement sourire.

Prof : vous avez l'air de trouver ça drôle, je ne suis pas sûr que votre correspondant trouvera ça aussi drôle que vous pendant votre heure de colle.

Mon sourire se fige, Bill me fusille du regard à présent, il me fait un rapide signe mais je comprends rapidement que je suis morte si je n'arrange pas la situation. Je m'éclaircis la voix.

Moi : Excusez moi, Monsieur, mais si vous nous avez réuni gentiment sur cette estrade, je présume que c'est pour illustrer votre cours, avec les différentes informations que l'on pourrait fournir à vos étudiants sur les us et coutumes françaises, non ?!

Le prof reste béat, prend le temps de digérer mon petit discours, un sourire se dessine.

Prof : Mademoiselle, me parait bien bavarde !
Moi : peut-être, ça dépendra de vos questions.
Prof : n'ayez crainte, je vous demanderais seulement de vous présenter pour le moment, vu que nous aurons l'honneur de nous côtoyer pendant trois semaines.

Mat commence sa présentation, suivit de Guillaume, Elodie, Arduin, Marye et Moi.

Moi : bonjour à tous, je m'appelle Elyn McBride, délicieux mélange d'une maman Allemande et d'un papa Américain, deux cultures que je connais pour les avoir à la maison, deux langues que je parle, j'ai 18 ans, Ben un frère jumeau, une guitare, une passion pour la danse que je pratique, un chat et deux poissons rouges, d'ailleurs je ne me rappelle pas si je leur ai a donné à manger avant de partir.

Je sors mon portable de ma poche : contact, casa, touche appel. Ça sonne, une fois, deux fois, ça répond.

Moi : maman, c'est moi.
....
Moi : oui, je vais bien, dis je...
....
Moi : oui, Ben va bien aussi, dis ...
...
Moi : oui, le voyage s'est très bien passé, dis écoute moi.
....
Moi : MAMAN, tu peux donner à manger à Gaston et Léon, moi aussi je t'aime, poutoux.

Prof : Mademoiselle McBride, vous avez gagné.
Moi : cool, et quoi donc ?
Prof : votre heure de colle, on téléphone peut être pendant les cours en France mais ça ne se fait pas en Allemagne.
Moi : j'en suis désolée, l'habitude vous comprenez.
Prof : non, allez vous asseoir, vous récupérerez votre colle à la fin du cours, et vous y irez seule, Bill devant déjà vous supporter la punition est assez lourde pour Lui.

Je retourne près de ma chère fenêtre. Un petit papier atterrit devant moi. J'hésite, le prend, le lit.

« Le Prof t'adore, tu t'es fait un ami
Kristian. »

« Non, je m'en suis fait deux. E. »

« Deux ? K. »

« T'as oublié Bill, vu le regard qu'il me lance, tu crois qu'il va me tuer E. »

« Je te défendrai. K »

« Merci. E. »


Bill : je ne savais pas que tu aimais la danse.
Moi : Aimer, le mot est faible, j'adore tout comme la musique
Bill : ouais.

J'attends avec impatience la fin cours, quand l'aiguille des minutes s'approche dangereusement de l'échéance, je range tranquillement mes affaires fait un signe discret à Bill, puis me faufile derrière les tables du fond baissée en mode furtif arrivée dans l'allée proche de la porte, je m'y glisse à pas de loups, je me cogne contre un obstacle, je relève la tête et me retrouve nez à nez avec le Prof, et M**** ! Il tient dans sa main une petite feuille de papier, en y regardant de plus près, je peux y lire « Heure de Colle ».

Prof : Tenez, Mademoiselle, vous transmettrez également ceci à Kristian.
Moi : je ne vais lui donner, ça ne se fait pas.
Prof : alors peut être que vous voulez la faire en plus de la vôtre.
Moi : euh, non, je crois que ça va aller.
Prof : je suis content que nous tombions d'accord.

Je sors en traînant les pieds, j'aperçois Ben pas trop loin du banc occupé à nouveau par Kristian et ses potes. Je me dirige vers mon frère, toujours en traînant des pieds, je m'approche de lui, tire doucement sur sa manche pour lui signifier ma présence. Il me prend direct dans ses bras, et me colle un bisou sur le front.

Ben : qu'est qui ne va pas, puce ?

Je lui tends mon heure de colle en lui faisant une belle grimace. Il regarde le papier que je lui tends et m'applaudit.

Ben : tu es trop forte, en deux heures de cours tu es déjà collé, mieux qu'en France.

Moi (Je lui tire la langue) : je ne suis pas seule faut que j'aille en donner une aussi à Kristian.
Ben : pas drôle ça.
Moi : c'est clair ! Bon, quand faut y aller, je vais lui donner, je reviens.
Ben : bonne chance

Je me dirige vers le banc, tête baissée, arrivée à leur niveau je la relève.

Moi : Kristian ?!

Il se retourne vers moi, un peu étonné, en le regardant bien il est mimi comme tout ce mec avec son look emo j'adore.

Kristian : oui, tu veux du feu ?
Moi : j'aurai préféré, le Prof m'a attrapé, il m'a passé ma colle, mais également la tienne.
Kristian : donc si tu es là c'est pour me la donner.
Moi : tu as tout compris.
Kristian : allez donne, y a pas mort d'hommes. Les gars, je vous présente Elyn qui a l'honneur d'être dans notre lycée pour trois semaines.
Pote 1 : pour trois semaines ?
Moi : oui, je suis Française, je suis en Allemagne en voyage avec mon Lycée.
Pote 2 : il est long votre voyage.
Moi : je suis en section Européenne, c'est pour ça.
Pote 2 : en tout cas, tu as un très bon accent.
Moi : merci, c'est gentil.
Kristian : Y a ton copain qui t'observe depuis tout à l'heure.
Moi : je me retourne, fais un signe de la main) : c'est mon frère.
Pote 1 : tu es dans la même classe que ton frère !!
Moi : non, ils nous ont séparé, un peu trop bruyants, je ne vois pas pourquoi.
Kristian : c'est ton jumeau ?
Moi : oui.
Kristian : s'il a le même caractère que toi, ça doit être marrant de vous avoir dans la même classe.
Moi : les profs ont un peu de mal à nous supporter.
Ben : on parle de moi ?
Moi : en mal bien sur !
Ben : venant toi, ça ne m'étonne pas.

Je lui tire la langue et on rigole tous les deux. Ben me colle un autre bisou sur le front.

Ben : tu me présentes.
Moi : Yes, sir ! Kristian qui m'a dépanné tout à l'heure et qui va devoir me supporter pendant une heure de colle.
Ben : je te plains, c'est une vrai chieuse. Dis, Bill et Tom propose une petite escapade en dehors de ses murs, ça te tente ?
Moi : je sais même pas pourquoi tu me pose la question !
Ben : alors, c'est partit ! Salut les mecs à une prochaine !
Moi : salut, désolé pour la colle !

On rejoint le petit groupe déjà formé, et se dirigeons à présent vers la sortie, pas de surveillant, trop bien les lycées allemands, on passe la grille sans difficulté, on suit les garçons qui nous emmènent chez eux.

Moi : Bill, tes parents ne sont pas là ?
Bill : non, et ils rentrent tard donc pas de problème le matin, il n'y a personne.

On descend tous à la cave où les garçons se sont fait une salle de répét'. La pièce est assez grande, canapés, poufs, instruments et partitions se côtoient.
Bill : installez vous, je vais chercher les boissons.
Moi : je te donne un coup de mains !

Je l'accompagne dans la cuisine, il prépare un plateau.

Moi : je peux t'aider ?
Bill : non, c'est bon !

J'attends qu'il finisse de remplir le plateau, on retourne en direction de la cave, je m'arrête devant le piano, l'effleure du bout des doigts.

Bill : si tu veux en jouer, tu peux, il y en a un aussi dans la cave, tu peux y jouer à n'importe quelle heure, personne ne t'entendra.
Moi : merci, ça ne te gêne pas si je reste un peu là.
Bill : tu ne veux pas jouer en bas.
Moi : si, j'arrive, je veux juste jouer un peu toute seule.
Bill : ok, je comprends.

Il se retourne et continue son chemin. Je m'installe pose mes doigts sur les touches, ils se mettent à courir tous seuls, ils reconnaissent la matière, la mélodie vient toute seule, parfois plus lente puis elle accélère, les souvenirs affluent dans ma tête, les larmes montent, s'écrasent sur mes mains qui se sont paralysées. J'entends quelqu'un remonter de la cave, je referme vite fait le piano, monte à toute vitesse dans ma chambre, je m'enferme dans la salle de bain, je m'essuies les yeux, retouche mon maquillage, redescend à la cave. Je m'assois un peu en retrait les observe, ils rigolent, ils s'amusent, Ben me fait un clin d'½il que je lui rend, Tom a pris sa guitare, il maltraite une chanson de Muse en essayant de chanter. Le temps passe, chacun s'essaye aux instruments, midi arrive, les uns et les autres rentrent chez eux pour manger. On fait de même, en sortant du frigo, et en faisant réchauffer le plat que Simone a eu la gentillesse de nous préparer. On s'installe à table.

Tom : je ne savais pas que tu connaissais Kristian.
Moi : je l'ai rencontré ce matin, il m'a dépanné.
Tom : Je paris que Bill t'a dit de ne pas t'approcher de lui.
Bill : occupe toi de ce qui te rgarde.
Tom : est ce qu'il t'a dit au moins pourquoi ?
Bill : Tom ferme là.
Moi : non pas vraiment.
Tom (il rigole fier de faire enrager son frère) : c'est parce qu'il lui a piqué sa dernière copine.

Je me retourne d'un seul coup vers Bill dont les joues sont devenues rouge écarlate, il prend une part de hachis Parmentier dans sa main et viens l'écraser sur le visage de Tom. On se regarde avec Mandy et on éclate de rire, on prend chacune un morceau dans notre main qu'on écrase sur les joues de Bill. Il se met à hurler, attrape Mandy par le bras et lui en écrase aussi sur la joue, je suis pliée en deux mais mon répit et de courte durée, je vois Tom se préparer à l'attaque, je n'attends pas une minute de plus pour attraper mes jambes à mon cou et me mettre à courir, il me poursuit, on fait le tour du canapé, il me bloque ma seule issue est la porte d'entrée se trouvant dans mon dos. Une impulsion et je suis déçue, je l'ouvre d'un même élan, me retrouve dehors poursuivie par Tom qui me rattrape, se jette sur moi et m'écrase le hachis Parmentier en plein milieu du visage, on est tous les deux étalés dans l'allée, morts de rire. On entend des applaudissements, on tourne la tête vers le trottoir ou Kristian et un de ses potes nous observent. Tom le salue, puis m'aide à me relever, j'enlève le plus gros de mon visage que j'étale sur le tee-shirt de Tom, il me fait la grimace et discute un peu avec eux, je ne prête pas attention à leur conversation, ils ont l'air de s'apprécier, je me retourne et aperçoit Bill par la fenêtre. Je les salue et retourne dans la maison. Bill m'explique que Mandy est partie se doucher.

Moi : tu n'y vas pas ? Tu peux utiliser la notre, si tu veux.
Bill : je vais prendre celle de mes parents, t'inquiète pas.

J'acquiesce, on monte ensemble à l'étage, chacun se dirigeant vers une salle de bains. Une fois ma douche prise, je redescends et découvre Tom tranquillement installé dans le canapé avec Kristian et son pote en pleine conversation, je m'assois dans un fauteuil, les écoutant d'une oreille distraite. J'entends Bill descendre à son tour les escaliers suivis de près, plutôt collé de près par Mandy. Cette dernière s'installe aux côtés de l'ami de Kristian. Elle lui tend la main.

Mandy : je m'appelle Mandy, et elle là-bas, c'est Elyn.
Pote : enchanté, moi c'est Sébastian. On m'a dit que tu jouais de la guitare.
Mandy : elle joue aussi du violon et du piano.

Je regarde Bill qui reste raide comme un « i » sur son fauteuil.

Moi : je vais prendre un truc à boire quelqu'un veut quelque chose ?
Bill : je t'accompagne.
Moi : ça va ?
Bill : pourquoi ça n'irai pas.
Moi : je ne sais pas le fat que Kristian squatte ton canapé.
Bill : ça ne me dérange pas.
Moi : on ne dirait pas.
Bill : pas envie d'en parler.

Je retourne dans le salon, j'entends la porte d'entrée claquait, je me retourne Bill a disparu.

Tom : qu'est ce que tu lui as encore dit ?
Moi : ce n'est pas moi, je n'ai rien fait !
Tom : vous n'arrêtez pas de vous chamailler tous les deux, couchez ensemble une bonne fois, et en parle plus.
Moi : tu sais que le sexe ne résout pas tout dans la vie, Tom !
Tom : si tu ne veux pas coucher avec Bill, je veux bien coucher avec toi.
Moi : si tu le dis, en attendant, je vais jouer un peu à la cave, si c'est pour coucher Tom, ne te fatigue pas à descendre.
Mandy : ouh ! Fais gaffe, elle va bientôt te mordre.
Moi : ferme là, Mandy !

Qu'est ce qu'ils ont tous aujourd'hui. Bill qui part pour cause de la présence de Kristian dans son salon, Tom qui me propose de coucher avec lui, et, Mandy, toujours fidèle à elle-même. Je fais le tour de la pièce, différentes guitares s'offrent à ma vue et surtout le piano.

# Posté le dimanche 02 mars 2008 17:15

Chapitre 5

Chapitre 5
Je reste immobile devant lui, le regarde, me décide à m'approcher et à m'asseoir. Je l'ouvre, pose à nouveau mes doigts sur ses touches, ils dansent au rythme de la mélodie, pas besoin de leur dire sur quelles touches appuyer ils le savent d'instinct. Je rejoue encore et encore cette mélodie, inlassablement, ça fait mal, trop de souvenirs, mais je ne peux m'empêcher de la jouer. Les larmes menacent de franchir la frontière de mes paupières, je ne veux pas, je veux les empêcher de couler, j'arrête, je renifle bruyamment, lève les yeux au plafond, bats plusieurs fois des cils, rien y fait, elles ne m'écoutent pas, j'essaye de penser à autre chose, cette fois-ci, se sont les derniers instants passés avec mon père avant notre départ qui me reviennent, sa délicate attention de me souhaiter un bon voyage et d'être hors de sa vue durant 3 semaines. Mes larmes empirent, s'écoulent abondamment sur mes joues, je tape du poing sur les touches, le piano émet quelques désaccords graves et suraigus, deux bras viennent m'encercler, je sursaute,
redresse la tête, ferme les yeux. Je ne veux pas savoir à qui ils appartiennent, je sens une douce chaleur m'envahir pendant qu'on me berce. La personne s'assoit à côté de moi sur le tabouret, toujours étroitement serrée dans ses bras, je me détends peu à peu pour cesser complètement de pleurer.
Je m'écarte toujours la tête basse, essuie mes larmes et les traces de maquillage, tente de reconstruire ma carapace. Elle est à nouveau ébranlée devant la présence de Kristian à mes côtés. Il me sourit. Je lui fais signe que non de la tête.

Kristian : tu m'en parleras quand tu sauras prête.

Je le regarde se lever et partir. Je me sens mieux, je vérifie rapidement mon maquillage dans une des glaces de la salle puis remonte au salon.

Tom : on se regarde un film ça te tente ?
Moi : quel genre de film ?
Kristian : un film d'horreur.
Moi : oui ça me va. Tu as appelé ton frère ?
Tom : non, il reviendra, il revient toujours.
Moi : si tu le dis.

Je m'installe à la seule place encore disponible sur le canapé soit entre Tom et Kristian. Je me sens rougir comme une collégienne lors de son premier RDV, au moindre mouvement que Kristian effectue. Allez reprend toi, un petit film d'horreur devrait me remettre les idées en place. Le film commence par un meurtre, des giclées de sang sont projetées sur l'écran, charmant, je ne suis pas du tout concentré, je n'arrête pas de bouger, cherchant une position confortable, c'est ce moment que choisit Kristian pour poser sa main sur ma cuisse. Effet immédiat, je ne bouge plus, j'hésite même à battre des cils, j'ai chaud, je dois être aussi rouge qu'une voiture de pompier et encore je suis sûre de leur faire concurrence. Sa main reste ainsi pendant toute la durée du film. Je suis toujours aussi tendue, c'est pourquoi je sursaute lorsque la porte d'entrée claque sur un Bill toujours aussi énervé. Il se laisse tomber sur un fauteuil, me dévisage, se fige lorsque ses yeux tombent sur la main de Kristian, il me fixe à nouveau, je me sens défaillir sous ses accusations, j'ai l'impression d'étouffer. Mon stress doit être perceptible car Kristian joue à présent de son pouce, ce qui accroît le regard pesant de Bill sur ma petite personne. Je me dégage doucement, me lève, j'ai l'air stupide debout en plein milieu de salon, ils me regardent tous attendant une réaction de ma part qui tarde à venir.

Moi : je vais me chercher une boisson quelqu'un veut quelque chose ?
Tom : tu vas louper le film.
Moi : pas grave déjà vu.

Pas de réponse, je file à la cuisine. Dans la pièce, je prends appui sur le plan de travail et souffle. Mémento : ne JAMAIS réunir K et B dans une même pièce, sous peine de défaillance de c½ur.
La porte s'ouvre derrière moi, allez les paris sont ouverts Kristian ou Bill, Bill ou Kristian, j'attends encore un peu sans bouger.

Mandy : je t'ai entendu jouer tout à l'heure.
Moi : ......
Mandy : c'est vraiment une jolie mélodie.
Moi : où tu veux en venir ?
Mandy : pourquoi tu es tout de suite sur la défensive ?
Moi : dis moi depuis combien de temps, tu me détestes ?
Mandy : je dirais à peu près depuis que tu l'as tué.

Pourtant habituée à ses remarques, elles me blessent toujours autant, même si ce n'est pas de ma faute, je me sens toujours coupable et les remarques de Mandy me le rappelle sans cesse. Je garde la tête baissée, j'entends son rire puis elle me laisse enfin seule, je ne sais pas si ce voyage était une si bonne idée finalement, au moins en France, Ben est à mes côtés, s'il n'est pas là, j'ai toujours le choix de m'enfermer dans mon monde. Je retourne dans le salon, le film n'est pas encore finit, je me rassois au même endroit. Je ne leur prête plus aucune attention, c'est à peine si j'entends Tom me parler, il doit si reprendre à plusieurs fois pour me faire redescendre sur terre. Marre de broyer du noir !

Tom : Mandy est revenue en rigolant, tu lui as raconté une blague.
Mandy : oui, Elyn est très douée pour en raconter.
Tom : oh raconte m'en une !
Moi : désolé, mais je n'en connais aucune en allemand et puis je raconte mal, Mandy est bon public, c'est pour ça qu'elle rigole
Mandy : Bon public, c'est-à-dire
Moi : que même si je te marche sur le pied, tu rigoles !
Sébastian : c'est possible de regarder la fin du film ?!
Mandy : bien sur chou, si tu veux, on peut même le finir là-haut.
Kristian : c'est gentil, mais on va y aller.

Ils se lèvent tous deux, on les suit jusqu'à la porte. Kristian nous embrasse et me glisse un papier dans la main, papier que je range dans ma poche immédiatement.

Bill : ce n'est pas trop tôt, j'ai bien cru qu'Il ne partirait jamais.
Mandy : en tout cas, Elyn est resté un certain temps avec lui dans la cave, elle n'a pas l'air d'être déçue !
Moi : si tu le dis, il n'est que 15h, vous nous faites visiter les environs.
Tom : on va plutôt vous présenter le reste du groupe et notre studio.
Moi : ok en route.

# Posté le mardi 04 mars 2008 16:45

Chapitre 6

Chapitre 6
Tom nous conduit jusqu'à leur studio, on rencontre là-bas le reste du groupe. On fait connaissance, démo et répétition sont les mots d'ordre de cette fin de journée. On teste avec Mandy la plupart des instruments présents ce qui donne une merveilleuse cacophonie, on touche également à la plupart des boutons, déréglant au passage les pistes. La journée se termine par une pizza générale puis le retour dans la maison de Tom et Bill.
Une fois dans ma chambre, je m'effondre sur mon lit. Finalement, cette journée, c'est très bien terminée. Je repense au papier que m'a donné Kristian, je le sors de ma poche, le défroisse, le lit, je reste un instant perplexe sur le contenu du message, qu'est ce qu'il veut dire, comprend pas. Seul 4 chiffres sont inscrits sur ce papier.

« 2315 »


Un numéro de téléphone, non trop court, un code, oui mais pour quoi, pour ouvrir quoi, je n'ai pas de casier ici et je ne sais encore moins ou se situe le sien. Je le pose sur ma table de chevet devant la photo. Trop fatiguée pour réfléchir, je lui demanderais demain au Lycée. Je me prépare pour me coucher, brossage de dents, soins,
tenue de combat shorty et débardeur noir. Je me glisse sous la couette, on frappe à la porte, je me relève, ouvre la porte.

Bill : je te dérange ?
Moi : pas du tout.
Il rentre dans la pièce, s'assoit sur le lit. J'attrape un pull au passage et m'appuie contre le bureau.
Moi : tu veux discuter un peu.
Bill : oui.
Moi : d'accord.
Bill : ......
Moi : ......

On s'observe un peu gêné. J'attends qu'il prenne la parole, mais il n'a pas l'air d'être décidé à le faire.

Moi : tu voulais discuter de quoi ?
Bill : je ne sais pas trop.
Moi : de cette après-midi.
Bill : ......
Moi : tu ne m'aide pas beaucoup !

Il ne dit toujours rien, je vois son regard se poser sur ma table de nuit. Merde ! le mot de Kristian s'il tombe dessus, il va faire une crise.

Bill : qui s'est l'autre personne sur la photo avec vous ?
Moi : ......
Bill : elle n'a pas pu venir avec vous en Allemagne.
Moi : c'est quoi l'histoire avec Kristian.
Bill : y a rien à dire.
Moi : ta présence dans ma chambre, dit le contraire.

Il souffle, se lève et s'approche de moi, trop près à mon goût, je suis obligée de lever la tête pour continuer de soutenir son regard. Il approche sa bouche de mon oreille.

Bill : qu'est ce que tu veux savoir ?
Moi : ce que tu veux bien me dire.
Bill (toujours trop proche) : on a été potes, jusqu'au jour ou je l'ai vu embrassé ma copine, elle, je l'aimais vraiment, il a tout gâché. C'est ce que tu voulais savoir ?
Moi : c'est ce que tu voulais me dire ?
Bill : je voulais juste te dire bonne nuit, Elyn, fais de doux rêves.

Il s'éloigne tout doucement m'effleurant, j'ai pu sentir son odeur, sa chaleur, son souffle sur ma peau. Je l'accompagne jusqu'à la porte. Sur le seuil, il se retourne, m'embrasse sur le coin de la bouche. Je referme la porte derrière lui sans trop savoir quoi penser, sourcil froncé, j'enlève mon pull, à quoi il joue, il est si distant, si froid avec moi, et en quelques gestes, il a su me faire tout oublier. Je récupère le cadre de ma table de nuit la regarde une dernière fois et la pose à plat sur le bureau.
Je me glisse sous ma couette, éteins la lumière, je suis sur le dos, la couette remontée jusqu'au menton, je regarde le plafond, mes paupières se ferment, je m'assoupis la tête remplit de questions. Je rêve, j'entends quelqu'un m'appeler, mais je ne peux plus bouger, j'essaye de me débattre, rien y fait, je suis bloquée sous ma couette, je veux hurler, une main posée sur ma bouche, on chuchote à mon oreille : des mots doux.
Je reconnais cette voix mais pourquoi dans mon rêve, je me calme, la voix chuchote toujours à mon oreille, je me sens légèrement secouer. J'ouvre les yeux, ce n'est pas un rêve, c'est Kristian qui est à califourchon sur moi. Je me redresse, il fait de même restant à califourchon.

Kristian : tu t'es endormie
Moi : bah oui, oh les 4 chiffres, c'était l'heure.
Kristian : oui.
Moi : désolée, tu es rentré comment.
Kristian : ça m'est déjà arrivé de venir voir les jumeaux le soir, ça va toi ?
Moi : oui, pourquoi ?
Kristian : tu avais l'air assez pensive cette après-midi.
Moi : ça m'arrive parfois.
Kristian : c'est qui sur la photo. Je t'ai vu la retourner sur le bureau.
Moi : tu dois être mort de froid, tu es resté longtemps dehors.
Kristian : j'ai vu pas mal de chose intéressante ce soir.
Moi : Bill m'a parlé de sa copine que, euh, enfin, voilà.
Kristian : je vois, tu préfères que je parte.
Moi : non, attends, assis-toi, c'est Marion sur la photo.
Kristian : Marion ?
Moi : on se connaît tous les 4 depuis le jardin d'enfance, avec Ben c'est normal, Mandy et Marion, étaient nos voisines, nos parents connaissaient les leurs, on a commencé à jouer ensemble lors des repas, puis à l'école, et, on a grandit tous les quatre, les inséparables, c'était le surnom que nos parents nous donnaient, même collège, même lycée. Il y a deux ans, on est partit camper pendant les grandes vacances dans le sud de la France, sans parents, sans adultes pour nous surveiller. Pendant ces vacances Mandy est sortie avec mon frère, ils ont toujours été proches, je passais mes journées avec Marion, toujours à faire des conneries, ce jour-là, on a décidé d'aller se baigner, on a trouvé une crique. On sautait des rochers, pas la première fois, encore et encore, Marion a voulut sauter une dernière fois avant de rentrer, elle a touché un rocher en tombant, je suis allée la récupérer dans l'eau, la tête en sang, j'ai appelé les pompiers, mon frère, elle était dans le coma. Deux mois après l'accident ses parents ont appelé à la maison pour nous dire qu'elle était partie. C'était ma meilleure amie, ma petite s½ur et j'ai rien pu faire pour elle, elle était toujours là pour moi, et moi, je l'ai laissé tomber.
Kristian : ce n'est pas de ta faute.
Moi : je sais, je n'arrive toujours pas à regarder ses parents en face. Mandy me déteste et m'accuse. Avec Ben, ça nous a davantage rapproché. Et toi quel est ce douloureux passé que tu caches ?
Kristian : quoi ?
Moi : tes yeux parlent pour toi, tu as cette lueur parfois ou on a l'impression que tu en veux à la terre entière.
Kristian : merci de m'avoir parlé de toi.
Moi : merci de m'avoir écouté.
Kristian : bonne nuit, Elyn.
Moi : tu pars ?
Kristian : tu veux que je reste ?
Moi : ... ...
Kristian : il se passe quoi avec Bill ?
Moi : je ne sais pas trop, il est si distant, si froid, que .....

Il ne me laisse pas le temps de finir ma phrase que ses lèvres sont scellées aux miennes.

# Posté le mercredi 05 mars 2008 17:34

EDIT DU 10 MARS 2008 MODIFIE LE 13 MARS 2008

CAUSE PANNE INTERNET PROBLEME DES MISES A JOUR ET DES VALIDATIONS DE COMMENTAIRES.

DE RETOUR BIENTOT ENFIN J ESPERE.

EN ATTENDANT J ECRIS

POUTOUX A TOUS

LAU.

COUCOU J'AI A NOUVEAU INTERNET CHEZ MI JE REVIENS VERS VOS BLOGS DES CE WEEK END

POUTOUX A TOUS.

L
AU.

# Posté le lundi 10 mars 2008 13:30

Modifié le jeudi 13 mars 2008 08:07

Chapitre 7

Chapitre 7
Son baiser est tendre, ses lèvres sont douces, sa main est chaude sur ma joue, il diffuse à l'ensemble de mon corps d'agréable sensation. Je ne sais plus quoi faire, comment réagir, je réponds à son baiser sans réfléchir, passe les bras autour de son cou, le rapproche de moi. On se sépare à bout de souffle.
Kristian : dors bien, à demain.
Moi : à demain.
Il ressort par la fenêtre comme il est venu. J'éteins la lumière pour cette fois-ci me coucher. Je reste allongée sur le dos à fixer un point imaginaire au plafond de ma chambre, je me retourne sur le côté puis de l'autre, impossible de trouver le sommeil, je me lève sans prendre la peine d'allumer la lumière, je manque de me casser la figure sur mes chaussures, toujours en plein milieu de la chambre, j'ouvre ma porte avec précaution, passe devant les chambres de Tom et de Bill, ou aucune lumière ne filtre, je m'approche des escaliers, les descends à pas de chat, une fois en bas, j'entre dans la cuisine, éclairé par les lumières de la rue, je m'approche du frigo, attrape la bouteille de lait, toujours dans ma main, je cherche dans le fin fond de ma mémoire, lesquels de ces placards renferment les verres, cherche encore un peu pour finalement décider de boire à la bouteille. Je l'ouvre et l'approche de ma bouche, lorsque celle-ci devit de sa trajectoire pour aller se poser sur les lèvres de Bill, je le regarde boire toujours la bouteille à la main.
Bill : on ne t'a jamais appris à ne pas boire à la bouteille.
Moi : non, et je ne suis pas la seule !
Bill : tu as eu de la visite ?
Il la lâche enfin, j'en profite pour boire en appui contre le plan de travail, ignorant royalement sa question.
Moi : tu ne dors pas ?
Bill : non, et je ne suis pas le seul.
Moi (Je souris à sa réponse) : tu veux ?
Bill : oui
Il s'approche de moi, j'ai l'impression de revivre notre conversation dans ma chambre.
Moi : je parlais du lait
Bill : oui, je sais. Kristian est venu te voir ?
Je le regarde boire, je ne sais quoi lui dire, je regarde à travers la fenêtre les quelques voitures passant, faisant danser les ombres, une accroche mon regard, sur le trottoir d'en face, Kristian est en appui contre un mur, une cigarette à la main.
Bill : ne t'occupe pas de lui ?
Moi : c'est quand même ton ami, tu ne t'inquiètes pas qu'il soit dans la rue ?
Bill : pas depuis qu'il m'a piqué ma copine !
Moi : est ce que tu sais au moins ce qu'il s'est réellement passé ?
Bill : pourquoi tu le sais, toi, dis moi, quel joli discours, il t'a raconté pour entrer dans ton lit, tu as eu pitié de lui, c'est son jeu favori pour mieux sauter les filles.
Ma main est partie toute seule s'écraser sur sa joue, un pur réflexe, il me fait bouillir, ce type me met hors de moi. Je reprend mon souffle, essaye de me calmer, je serre les poings de rage, pour me contenir de le gifler à nouveau, de passer mes nerfs sur lui. Sa main s'approche et essuie une de mes larmes, je le repousse, il parait blessé.
Moi : tu peux croire ce que tu veux sur moi, si ça peut te faire plaisir mais ne dénigre pas tes amis Bill Kaulitz.
Bill : tu fais de jolie morale mais tu es mal placé pour donner des leçons.
Moi : pourquoi qu'est ce que tu sais de moi ? Les conneries que Mandy t'a racontées ?
Bill : je ne demande qu'à te connaître mais tu me repousses dès que j'essaye de te parler.
Moi : je ne te repousse pas, c'est toi qui me juge dès que je fais le moindre geste !
Bill : bah parle, dis moi, raconte moi !
Moi : je vais me coucher.
Bill : tu vois tu me rejettes, je peux savoir pourquoi tu me hais ?
Simone : j'aimerais savoir pourquoi vous n'êtes pas encore couché tous les deux ?
On sursaute tous les deux, lorsque Simone entre dans la pièce. La scène devait être belle, se faisant face tous les deux sur la défensive à se gueuler dessus.
Moi : désolée de vous avoir réveillé, je vais me coucher.
Je lui passe devant, elle m'attrape par le bras et me fait asseoir à table, elle attrape Bill et le fait asseoir en face de moi, on se regarde de travers, Simone nous dépose deux tasses de chocolat chaud devant nous. Elle s'apprête à sortir de la pièce.
Simone : je ferme la porte, profitez en pour discuter tous les deux mais faites moins de bruit, à demain.
Je bois mon chocolat, me brûle la langue, ce qui fait sourire Bill, je repose ma tasse, joue avec son contenu.
Moi : je ne te déteste pas.
Bill : c'est pourtant l'impression que tu me donnes.
Moi : je ne sais pas du tout comment réagir avec toi, dès que j'effectue un mouvement j'ai l'impression de faire les choses complètement de travers, je ne sais pas pourquoi ton avis m'importe tant, je ne te connais même pas.
Bill : tu me bloques, tu parais si proche parfois, tu me laisses entrevoir ta bulle et dès que je tends la main, elle explose, tu te braques.
Moi : et si je ne veux faire entrer personne dans ma bulle.
Bill : pourquoi Lui, tu l'as laissé entrer ?
Moi : il n'est pas entrer, et je ne laisserais plus jamais personne y entrer, tu m'entends plus personne ! Ecoute, on doit cohabiter pendant trois semaines, essayons de prendre un maximum de distance l'un de l'autre et tout se passera bien.
Bill : non, je ne suis pas d'accord !
Moi : si tu le dis, bonne nuit.
Bill : attends.
Je lui fais face fatiguée, par la journée, fatiguée de vivre, fatiguée de me protéger. Il s'approche et dépose un bisou sur ma joue.
Bill : on fait la paix.
Je me retourne excédée !
Moi : on a plus cinq ans, Bill, redescend sur terre !
Je m'enferme dans ma chambre, mon portable indique une heure du matin, je prend le risque et l'appelle, j'ai besoin de lui.
...... : muis
Moi : c'est moi, désolée de te réveiller
.... : un problème ?
Moi : j'ai besoin de toi !
...... : ok, j'arrive.
Dix minutes passent, on toque à ma fenêtre, je lui ouvre.
...... : je pari que tu ne veux rien me dire.
Je lui fais signe que non de la tête, je l'entends souffler, il se décharge de certain de ses vêtements, se glissent sous la couette, il me regarde, lève un pan.
...... : tu viens ?
je me glisse à ses côtés dans ses bras, ma tête tout contre son torse, j'écoute sa respiration, il resserre son étreinte, m'embrasse.

# Posté le mardi 18 mars 2008 14:16